Seul un Russe sur dix descendrait dans la rue

Crédit photo : Reuters / VostockPhoto

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Entre 11 et 12% des Russes se disent prêts à participer à des manifestations d’opposition. Un chiffre pratiquement inchangé depuis le début de l’année : la contestation marque le pas.

Les Russes n’envisagent de descendre massivement dans la rue que pour protester contre « le manque d’argent ou la perte d’un emploi », estiment les sociologues au vu des dernières enquêtes. Le directeur de l’institut de sondage FOM Alexandre Oslon (proche du Kremlin) estime que les slogans d’opposition « ne fonctionnent pas ».
 

Tout aussi inefficace sur les citoyens passifs s’avère la propagande du gouvernement, car « à travers la télévision, ils peuvent vérifier simplement que le monde est stable et qu’il ne s’est rien passé. Les facteurs qui influencent réellement l’humeur des masses ne sont pas si nombreux, indique Oslon. En premier lieu, le manque d’argent ou la perte d’un emploi ». Actuellement, assure le sociologue, les appels à manifester se basent sur des causes « spéculatives et idéologiques », de sorte que le mouvement de contestation stagne.


Si une grande manifestation se préparait prochainement, 61% des répondants ne soutiendraient ni les partisans, ni les opposants au régime, montre l’enquête. Comme au début de l’année, seuls 3% des répondants sont prêts à prendre part à un rassemblement de soutien aux autorités.


La majorité des sondés n’ont pas conscience de l’humeur contestataire : 36% ont noté le
« mécontentement populaire » au cours du mois dernier. Parmi ces derniers, 7% ont déclaré que près de la moitié de la population du pays (48%) ressent du mécontentement et est prête à descendre dans la rue.


Les indicateurs cités par le FOM mesurent non pas l’activité contestataire, mais les intentions de participation - qui ne se concrétisent pas nécessairement. Selon le directeur du centre d’analyse Levada Centre, Lev Goudkov, 
« les indicateurs stables dans les trois groupes - prêts, pas prêts à participer, et ne soutenant ni les partisans ni les opposants au pouvoir - ne font que pointer un environnement qui réagit à l’information sur les rassemblements, mais cette information n’a en principe que peu d’effet, précise l’analyste. Si l’activité des manifestants augmente, ce ne sera que légèrement »

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