Après la manne pétrolière, celle de l’atome ?

D’ici à 2030, ce sont 350 unités de centrales nucléaires qui pourraient être construites dans le monde. Crédit photo : VostokPhoto

D’ici à 2030, ce sont 350 unités de centrales nucléaires qui pourraient être construites dans le monde. Crédit photo : VostokPhoto

Au cours de son dernier exercice, la société d’État Rosatom a vu presque doubler ses commandes à long terme pour la construction de centrales nucléaires.

Selon le PDG de Rosatom Sergueï Kirienko, c’est la conséquence « de la confiance croissante dans la technologie nucléaire russe à l’échelle nationale et à l’étranger ». Cette déclaration a été prononcée par M.Kirienko lors du forum international Atomexpo 2012, qui a réuni début juin à Moscou 1 300 spécialistes de 53 pays.


Des déclarations non moins intéressantes ont été formulées dans un entretien accordé à La Russie d’Aujourd’hui par le directeur général adjoint de Rosatom chargé du Développement et des Affaires internationales, Kiril Komarov.


Après l’accident de la centrale japonaise de Fukushima, certains pays ont abandonné le développement du nucléaire. L’exemple le plus célèbre est l’Allemagne. 
« Certes, acquiesce Komarov, en Allemagne et il y avait et il y a des blocs nucléaires en activité. Toutefois, au cours des trente dernières années, le pays n’a pas élaboré de programme en vue de la construction de centrales nucléaires ».


Tous les autres pays qui ont déjà mis au point un programme sérieux dans le domaine ont réaffirmé leur engagement en faveur du développement de l’énergie nucléaire. Ces pays sont la Chine, l’Inde, le Vietnam et d’autres pays de l’Asie du Sud-est, la Turquie, la quasi-totalité des pays d’Europe centrale et orientale, l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. L’exemple le plus illustre est fourni par les États-Unis qui, pour la première fois depuis les 30 dernières années, ont accordé une licence pour la construction de deux tranches. 

En chiffres

21c’est le portefeuille de réacteurs nucléairesen projet pour Rosatom à l’international.

16% en Russie est d’origine nucléaire.

10 centrales nucléaires sont en exploitation en Russie (33 tranches de 24,2 GW).


L’accident de Fukushima a également eu un impact positif sur la filière. « Maintenant, la demande ne concerne plus seulement l’énergie nucléaire, mais aussi la sécurité énergétique , explique K.Komarov. La Russie a un atout dans ce domaine : nous ne proposons pas seulement de construire des centrales à l’étranger, nous en construisons activement sur notre propre territoire ».


Sur le marché mondial, la Russie propose des projets de génération « trois plus ». Ils comprennent tous les systèmes de sécurité protégeant la centrale, même en cas de tremblement de terre, de tsunami et de panne électrique. Cela signifie qu’en régime de fonctionnement normal, le réacteur sera désactivé, il n’y aura pas d’émission de radiations, et donc aucune menace pour la vie et la santé humaine ou la nature.


Fin 2011, le portefeuille de Rosatom comptait 21 réacteurs à l’étranger, et à l’heure actuelle, 9 sont en cours de construction dans le pays. Personne n’en construit autant. Même la Chine, où le gouvernement a créé deux compagnies nucléaires, ne fabrique que 25 réacteurs.


L’industrie nucléaire va connaître un fort développement dans les années à venir, estiment les experts de Rosatom. D’ici à 2030, on pourrait construire dans le monde 350 unités de centrales. Cette prévision n’est que légèrement inférieure à celle de Rosatom avant Fukushima. En outre, la Russie espère maintenir sa part actuelle de 25% du volume de construction de centrales nucléaires dans le monde. Le carnet actuel de commandes à l’étranger de Rosatom est estimé à 37,5 milliards d’euros.


La Russie est connue comme fournisseur de matières premières sur le marché mondial : gaz, pétrole, aluminium et autres métaux. L’énergie nucléaire de pointe est susceptible de modifier la donne et d’offrir notamment une alternative à la manne pétrolière et gazière.


Lors du forum Atomexpo 2012, les experts russes et français ont confirmé les projets de la joint-venture Alstom-Atomenergomash visant à localiser en Russie plus de 50% de la production d’équipements de turbine pour les centrales nucléaires nouvellement construites. Selon son PDG Andreï Nikipelov, Atomenergomash achève dans le cadre de la co-entreprise avec le français Alstom l’examen des sites en vue de l’implantation des technologies recourant à la turbine demi-vitesse Arabelle, un groupe de travail ayant à ce jour identifié plus d’une centaine d’options.

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