Andreï Baranov : « Désormais, toute la Belgique me connaît »

Andreï Baranov. Source : service de presse

Andreï Baranov. Source : service de presse

Le jeune violoniste russe Andreï Baranov vient de remporter une véritable victoire en Belgique en gagnant le Concours Reine Elisabeth, le plus prestigieux concours consacré au violon. Entre concerts et interviews, il consacre son temps libre à perfectionner la maîtrise de son Stradivarius et réfléchir à son avenir.

Andreï, quels sont vos projets et où résidez-vous actuellement ?


Je me produis en concerts et en tant que soliste. En Russie, je fais partie du quatuor à cordes Diaguilev composé de la crème des jeunes violonistes russes. Nous devions effectuer notre premier enregistrement en juin, mais nous avons dû reporter en raison de ma victoire au concours et du trop grand nombre de concerts. Nous sommes en train d’y réfléchir pour la saison prochaine, mais mon agenda est rempli jusqu’en 2014. Je suis sûr de continuer à jouer avec eux. En revanche, je ne pourrais consacrer à l’orchestre Music Aeterna de Théodore Kourentzis que le peu de temps libre qui me restera.

Avec quels orchestres jouez-vous en ce moment ?


L’Orchestre royal philarmonique de Belgique et l’Orchestre national, avec lesquels nous avons déjà eu une dizaine de représentations, et certaines auront lieu en juin. Des concerts se tiendront également en Russie, en Europe, et une tournée est prévue au Japon, en Grèce et en Suède.

Vous considérez-vous comme russe ou plutôt citoyen du monde ?


Je me sens absolument russe. Les musiciens ont leur petit monde.

En tant que musicien, où vous-sentez-vous le mieux, où êtes-vous davantage reconnu ?


Maintenant, en Belgique, car le concours Elisabeth est un événement majeur pour le pays, il est couvert par les médias comme la coupe du monde de foot chez nous. Après ma victoire, j’étais présent sur toutes les chaînes de télé. Les Belges me connaissent bien désormais, ils me reconnaissent même dans la rue.

Vous ne regrettez pas que ça ne se soit pas en Russie ?


Non. La Belgique est un petit pays et la reine soutient beaucoup la culture, elle assiste à de nombreux événements. Et le concours, qui porte son nom, est considéré comme l’un des plus prestigieux au monde. Après ma victoire, j’ai été interviewé pour de nombreux pays, dont la Russie.

Ce n’est pas la première fois que vous participez à ce concours. Pourquoi était-il si important pour vous de gagner ?


C’est le seul concours qui garantit une carrière au plus haut niveau. Beaucoup de concours existent mais ne donnent pas de telles possibilités. Et pour les agences organisatrices de concert, ce concours est une référence.

Quand et où avez-vous commencé à faire de la musique ?


Mes deux parents sont musiciens et ils se sont chargés de mon éducation musicale jusqu’à mes 18 ans. J’ai étudié à l’Ecole de musique du Conservatoire Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg. Mon premier professeur était le grand Lev Ivaschenko. Malheureusement, il est décédé très tôt, je n’avais qu’une dizaine d’années. Puis, j’ai étudié longtemps sous la direction de Vladimir Ovtcharek, puis au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, et enfin en Suisse avec Pierre Amoyal. C’est avec lui que j’ai préparé le concours.

Un Stradivarius vous a été remis pour trois ans, vous convient-il en tous points ?


Ce violon est fantastique. C’est le top ! En règle générale, il faut du temps pour s’habituer à ces instruments d’exception. Il faut constamment être en recherche, l’adapter à son jeu, choisir les bonnes cordes. Il contient beaucoup de secrets, mais c’est justement ce qu’il y a  de plus intéressant. Je vais me rendre chez le maître luthier prochainement et nous allons ajuster certains éléments afin que l’instrument me corresponde parfaitement. C’est un processus très important.

Pour le jubilé des 75 ans du concours Reine Elisabeth figuraient 88 participants, dont seuls 12 sont arrivés en finale. Quel a été votre adversaire le plus fort ?


Il y avait beaucoup de très bons violonistes. En demi-finale, nous n’étions plus que 24 et il y a eu des erreurs, des imprévus.

Les finalistes, c’était du très haut niveau. Je me suis impliqué à 100% et je sentais le contact avec le public, ce qui a donné un très bon concert. Le violoniste japonais arrivé en deuxième position avait une technique irréprochable, je n’avais jamais entendu ça, même en enregistrement.

A quoi pensez-vous avant d’entrer en scène ?


Qu’il faut aimer la musique plus que tout au monde. Le plus important durant le concours est de ne pas jouer pour le jury mai de garder sa liberté comme lors d’un concert.

Avez-vous déjà participé à des concours en Russie, mis à part le concours Tchaïkovski ?


Oui. Au concours international  de violon Paganini et Oïstrakh et aux concours juniors.

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