Salon du livre de Saint-Pétersbourg : Nice est à la page

Crédit photo : Photoxpress

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Du 25 au 29 avril s’est tenue la 7ème édition du Salon du livre de Saint-Pétersbourg à la salle d’exposition Lenexpo. Cette année, durant les Journées françaises des 27 et 28 avril, c’est la ville de Nice qui était l’invitée d’honneur du Salon.

« Ce Salon du livre est un des moments forts de l’Année croisée France Russie 2012 : Langues et Littérature », a annoncé Michel Grange, directeur de l’Institut français de Saint-Pétersbourg, l’un des principaux organismes initiateurs de l’événement. En effet, durant ces deux jours, le programme proposé était riche et varié. Des rencontres littéraires avec douze écrivains français ; des tables rondes entre libraires, éditeurs et traducteurs (dans le cadre du Programme Pouchkine pour la promotion des livres français en Russie) ; une exposition : « 100 monuments, 100 écrivains », mêlant littérature, photo et patrimoine architectural ; la projection de films adaptés de romans et des cours de français gratuits.

Les passionnés de culture et de langue française ne risquaient pas de s’ennuyer. « Ici au moins, on peut trouver de nouveaux auteurs à se mettre sous la dent. Dans la plupart des librairies, on ne trouve que Maupassant ou Beigbeder ! », plaisante Maria, professeur de français.

Et cette année, c’est Nice qui ouvrait le bal à Saint-Pétersbourg, en tant qu’invitée d’honneur du Salon. Rien d’étonnant vu les liens historiques et culturels ténus qui unissent les deux villes depuis plus de 150 ans. M. Benoît Kandel, adjoint au maire de Nice, présent pour l’inauguration de ces Journées françaises, a souligné l’importance de la relation entre les deux villes : « Au XIXe siècle, c’est la famille impériale russe qui a ouvert le tourisme en venant en vacances sur la Côte d’Azur. Aujourd’hui, il y a à Nice une communauté russe très importante et en 2011, le nombre de touristes russes a augmenté de 30% et ils viennent, j’en suis certain, aussi pour la culture et l’art de vivre. N’oublions pas également que Tchekhov, Gogol et bien d’autres auteurs russes ont séjourné et écrit dans la capitale de la Riviera ».

Les 8, 9 et 10 juin 2012, échange de bons procédés oblige, ce sera au tour des grands noms de la littérature contemporaine russe comme Boris Akounine, Nikolaï Kononov, Ludmila Oulitskaïa et bien d’autres, d’investir la Côte d’Azur pour le Salon du Livre de Nice.

En attendant, c’est une délégation de cinq écrivains niçois, amoureux de leur ville et de sa région, qui ont fait l’honneur de venir à la rencontre de ce qu’ils appellent à l’unisson, le « vrai » public russe, loin des stéréotypes des Nouveaux riches de la Côte ».

De gauche à droite (de haut en bas) : Bertrand Le Meignen, Bernard Deloupy, Aurélie de Gubernatis, Olympia Alberti, Jacques Gantié. Crédit : Pauline Narychkina

Pour Olympia Alberti, écrivaine, essayiste et poétesse, ces rencontres sont porteuses d’émotion forte : « J’adore la sonorité de la langue russe. J’ai toujours été attirée par la Russie, par son expressivité. Je viens de lire au public un texte que j’avais écrit sur Saint-Pétersbourg lors d’un précédent voyage, certaines personnes ont eu les larmes aux yeux. Quelle consécration ! »

Selon Bernard Deloupy, ancien publicitaire reconverti dans le polar : « Le Salon du livre est l’occasion pour l’être habitué au plaisir solitaire de l’écriture de se confronter à la multitude. On se retrouve comme l’artiste sur la scène et après le choc, on obtient une véritable satisfaction ». Quant à la barrière de la langue, Jacques Gantié, auteur des fameux  guides culinaires, a son idée là-dessus : « Les écrivains sont comme les musiciens avec leur public, ils arrivent à se comprendre au-delà des mots ». D’ailleurs, pour lui : « Le rapprochement entre les villes doit se faire avant tout par la culture. C’est un lien fort et naturel. »

Nice a cette année brillé par sa présence et n’a pas manqué de ramener avec elle un peu de beau temps pour le plaisir de tous les Pétersbourgeois. « On sent bien qu’à Nice, il y a plus de 70 jours de soleil par an! Les écrivains sont si enjoués, souriants. J’ai hâte de lire leurs livres. Une fois bien sûr qu’ils seront traduits en russe... », a conclu Mikhaïl, visiteur du Salon, fervent lecteur et mécanicien de profession.

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