Des affaires aux affaires : détour par la politique

Irina Khakamada : une personnalité haute en couleur. Crédit photo : RIA Novosti

Irina Khakamada : une personnalité haute en couleur. Crédit photo : RIA Novosti

Ancienne figure de l’opposition libérale, Irina Khakamada est aujourd’hui consultante en psychologie d’affaires : pour elle, les Russes ont de réelles difficultés à communiquer.
Irina Khakamada, qui a été à l’époque chef d’entreprise, vice porte-parole et députée à la Douma, est aujourd’hui retirée de la politique et propose des stages en psychologie pour apprendre aux Russes à réussir en affaires.

Le cycle de formation commence par l’art de la négociation. « En affaires, 80% de la réussite dépendent du dialogue. Et c’est justement là que les Russes ont de grosses lacunes. Nombre de contrats échouent par suite de carences en communication » , explique Irina. Celle que la presse internationale a classée en 1995 parmi les cent femmes politiques les plus célèbres du XXIe siècle, pense que la culture du dialogue est inexistante en Russie.


Après des études en économie, dans les années 90, Khakamada s’essaie aux affaires ; puis en 1997, elle entre au gouvernement pour contribuer au développement des entreprises. Forte de son expérience après avoir quitté la vie publique, elle publie Le sexe et la haute politique, un guide s’adressant aux femmes indépendantes. « Ce n’est pas un livre sur la discrimination à l’égard des femmes, il est plutôt question de la discrimination contre une personne ordinaire qui essaie d’agir honnêtement dans le milieu de la grande politique, commente l’auteur. Si les femmes réussissent mieux dans les négociations, c’est qu’elles sont moins ambitieuses, trouvent plus facilement un compromis, devinent mieux la psychologie de l’interlocuteur ».


Khakamada avoue que son expérience en tant que chef d’entreprise l’a gênée en politique. « On me disait souvent : les politiciens ne te comprennent pas, tu te conduis comme un businessman ». En affaires, le marché conclu, on peut agir sans attendre de signer. « L’essentiel est de bien calculer s’il y a profit ou non et de refuser clairement si ce n’est pas rentable pour vous. En politique, c’est tout le contraire. Rien n’est très clair, on ne sait pas où sont les intérêts de chacun. Chacun dit une chose, en pense une autre et on en insinue une troisième » . Irina a tiré les leçons de l a politique, assimilée à une intrigue sans fin : « C’est pour cela qu’en tant que femme d’affaires, le milieu politique s’est avéré difficile pour moi. Et il en est de même pour tous les gens issus du monde des affaires ».

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