Ira de Puiff retourne aux sources

Crédits photo : service de presse

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Ira de Puiff et la couverture de son nouveau livre Back in URSS. Source : Service de presse

Ira de Puiff, descendante – comme son nom de jeune fille, Chichkina, l’indique – du grand peintre russe Ivan Chichkine, aurait pu devenir elle aussi une artiste peintre célèbre : ses tableaux ont d’ailleurs été exposés à Penza, sa ville d’origine, mais aussi à Paris. Mais le destin en a décidé autrement et l’a dirigée vers une carrière d’écrivain. Son premier roman, Angel-Shlioukha (L’ange Putain) sorti en 2005, vivant, passionné, torturé, fut écrit en russe. Six ans plus tard, elle écrit Back in URSS en français.

Le roman Back in URSS est basé sur des faits réels, vécus par l’auteur et ses proches. « Le livre parle de ma génération, née dans la stagnation des années 70, qui a passé sa jeunesse sous la Pérestroïka, sur les décombres du système soviétique  et dans l’ultra libéralisme de Eltsine. L’action se déroule  dans la campagne profonde, c’est un point de vue sur les cataclysmes historiques qui diffère de celui des grandes villes, Moscou et Saint-Pétersbourg. La périphérie vivait les choses autrement. A cause de son industrie militaire, Penza est restée une « ville fermée » jusqu’à la Perestroïka. Les étrangers n’avaient pas le droit d’y accéder. En discutant de la Russie et de la perestroïka avec des Français, j’ai réalisé à quel point ils étaient désinformés et se basaient sur des stéréotypes. C’est ce qui m’a poussé à faire partager mon « vécu »».


Selon Ira, le livre était à l’origine destiné aux Français intéressés, d’une manière ou d’une autre, par la Russie. Et le fait que les Russes vivant en France ont apprécié et se sont reconnus dans ce roman fut une agréable surprise.  Comme il a été écrit en français, il y avait des difficultés à rendre l’humour russe : « Nous avons un humour et une symbolique si différents. Ce qui est drôle pour nous ne l’est pas toujours pour eux, et vice versa ».


Ira n’est pas certaine qu’il faille éditer le livre en russe : « D’abord, je n’avais pas pensé à le traduire, vu que je ne comptais pas sur un lectorat russe. Quel intérêt de lire ce qu’ils savent déjà ? La stagnation, la perestroïka, ils connaissent ça par cœur. Mais vu l’intérêt porté au livre, ce n’est pas exclu ».


Ecrire est une chose, trouver un éditeur en est une autre. Ce fut une dure épreuve. Certaine maisons lui disaient que ce texte ne présentait pas d’intérêt pour le public français et lui recommandaient d’écrire plutôt sur « la mafia et les prostituées ». « Malheureusement, même des éditeurs respectables pensent en terme de clichés dépassés : Gorbatchev, c’est bien. Poutine, c’est mal (non, horrible !). Les bandits russe, des paquets de dollars, et les Natacha en veux tu en voilà. Il attendent d’un auteur russe des variations sur ces thèmes ».


Ira de Puiff a toujours voulu vivre en France. Etudiante, elle portait même un badge : « Je veux aller à Paris ! », ce qui faisait rire son entourage, tandis qu’elle apprenait scrupuleusement la langue pour devenir finalement prof de français. Après un premier séjour raté, elle ne baissa pas les bras, y retourna et épousa un aristocrate français.


Le roman en russe Angel-Shlioukha a aussi été écrit en France et il a été comparé à « un bon champagne français ». C’est l’histoire de l’amour compliqué de Vadim, écrivain d’origine slave, et sur l’impossibilité de vivre sans amour. Surtout à Paris !

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