Paul ouvre à Moscou

Crédits photo : Tatiana Chramtchenko

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Les premières boulangeries Paul vont ouvrir cette année rue Tverskaya et place Smolenskaya à Moscou.(Crédits photo : Tatiana Chramtchenko)


Vadim Lapine et Dimitri Sergueïev, propriétaires de Ginza Project (qui comprend la chaîne de restaurants Iapocha, mais aussi les établissements Don Carlo, Courchevel, Balcon, Kourabiè, Entresol et The Sad), ont acquis la licence générale de la chaîne française Paul et ouvert fin 2011 deux établissements de l’enseigne à Moscou.

« La maison Paul est une chaîne de boulangeries à l’histoire riche, qui s’écrit depuis la fin du XIXe siècle », explique Dimitri Sergueïev. « Nous avons signé un accord concernant l’acquisition d’une licence générale pour tout le territoire russe, et nous avons commencé en ouvrant deux établissements à Moscou pour ensuite nous développer dans le reste du pays ». Paul cible la classe moyenne : l’addition dans les boulangeries Paul en Europe s’élève à environ 10 euros. La chaîne est très connue en Europe. Aujourd’hui, Paul compte 436 boulangeries dans le monde, dont 326 en France, et est présent en Espagne, en Belgique, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Tchéquie, en Turquie, aux Émirats arabes et au Japon. La chaîne est spécialisée dans la vente de pain, de pâtisseries, de sandwiches, de soupes, mais aussi de café, de vin et de bière. Sergueïev a refusé de révéler le contenu du contrat, indiquant simplement que Ginza Project avait payé une somme de départ fixe et versera un pourcentage sur les ventes au détenteur de la marque commerciale.

Selon Maxime Kliaguine, analyste pour la société Finam Management, ouvrir un établissement dans le cadre d’une franchise présente des avantages. « Elle transmet les technologies ainsi que des choix marketing tous faits, et vous conseillera certainement sur le matériel à acheter. Pour les fondateurs de la marque, les avantages d’une telle transaction sont aussi évidents : trouver de nouveaux marchés implique toujours des risques et des dépenses précises, surtout dans un pays aussi particulier que la Russie. Si, en plus, la marque n’est pas encore connue dans ce pays, il vaut alors mieux trouver un grand groupe avec d’énormes ressources et des relations. Dans ce cas, la licence peut être acquise à un bon prix ».

Cette année, les premières boulangeries Paul vont ouvrir rue Tverskaïa et place Smolenskaïa. Chaque établissement disposera d’une petite pièce destinée aux préparations et d’une salle pour accueillir les clients. Les boulangeries ont une superficie moyenne de 400 m2. D’après Artiem Tsogoev, gestionnaire de projet chez Trifiko Property Management, rien que la location d’un tel emplacement sur la rue Tverskaïa coûtera à Ginza entre 0,8 et 1,6 million de dollars par an, et entre 480 et 600 mille dollars sur la place Smolenskaïa. « Les investissements pour ouvrir un café s’élèvent en moyenne à 2 500 dollars par m² », précise Andreï Petrakov. « Cette somme comprend, entre autres, les équipements, la formation du personnel et l’élaboration des menus ». À en croire les chiffres des spécialistes, l’ouverture des deux cafés Paul de Moscou aurait coûté entre 3 et 4 millions de dollars. 

Les spécialistes du secteur de la restauration s’accordent à dire que ce marché est loin d’être saturé en Russie. « Je pense que la demande de produits spécifiques comme le pain ou les pâtisseries de qualité augmentera », déclare Marker Kliaguine. « Et ceux-ci sont encore assez rares sur le marché russe ». Il fait d’ailleurs remarquer que ce marché a des difficultés à se remettre de la crise. « Selon les chiffres, sa croissance n’atteignait que quelques pourcents en 2011. Ce n’est pas très bon. À titre de comparaison, le secteur marchand connaît une bien meilleure croissance, alors qu’elle a aussi beaucoup souffert de la crise ».

« La hausse des revenus des citoyens russes et l’intérêt de ceux qui n’ont pour l’instant pas l’habitude d’aller au restaurant seront des facteurs clés », estime quant à lui Petrakov. « Et ces gens sont nombreux. Plus on les attirera dans les cafés et restaurants, plus vite le marché se développera. Je considère que rien qu’à Moscou, seulement 10% des capacités de ce marché sont exploitées ».

Lisez aticle original sur le site Marker.ru

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