Russophonie ouvre les saisons 2012

Anne-Marie Tatsis-Botton, lauréate 2012 du Prix Russophonie pour la traduction de « Souvenirs du futur » de Sigismund Krzyzanowski (Editions Verdier, 2011). Crédits photo : Maria Tchobanov

Anne-Marie Tatsis-Botton, lauréate 2012 du Prix Russophonie pour la traduction de « Souvenirs du futur » de Sigismund Krzyzanowski (Editions Verdier, 2011). Crédits photo : Maria Tchobanov

Depuis six ans, le prix Russophonie distingue les meilleurs traducteurs et éditeurs de littérature russe en France. Entre découvertes et redécouvertes, le choix est au rendez-vous.

S’approvisionner en livres russes, poser des questions aux écrivains et se faire dédicacer leurs livres, écouter un concert ou tout simplement saluer quelques vieilles connaissances – les journées du livre russe sont devenues un rendez-vous privilégié.


Parmi les livres remarqués, les œuvres complètes d’Isaac Babel rééditées aux éditions Le Bruit du Temps, dans une brillante traduction de Sophie Benech – un travail de titan et d’orfèvre.


Le cas d’Elena Botchorishvili, fascine – les œuvres de cette Géorgienne qui vit à Montréal sont écrites en russe mais publiées en français. « Je parle trois langues, chacune avec un accent. Mais je n’ai pas d’accent quand j’écris » , plaisante l’écrivaine.

L'écrivain Vladimir Sorokine dédicace son nouveau livre « La tourmente », traduit en français par Anne Coldefy-Faucard, Mention spéciale du 6-ème Prix Russophonie. (Crédits photo : Maria Tchobanov)

Le prix Russophonie affirme sa transnationalité : parmi les écrivains présents, seuls Lioudmila Oulitskaïa, Vladimir Sorokine et Zakhar Prilepine vivent en Russie, Mikhaïl Chichkine a élu résidence en Suisse, Léonid Guirchovitch en Allemagne, Elena Botchorichvili au Québec, tandis que le Biélorusse Andreï Koureytchik ou l’Ukrainien Andreï Kourkov s’efforcent de s’affirmer dans leurs pays respectifs comme écrivains russophones : « Les écrivains ukrainiens qui écrivent en russe sont considérés comme des traîtres, les écrivains russes écrivant en russe, comme des étrangers. Globalement, le russe n’est plus considéré comme la langue de Pouchkine, mais comme celle de Poutine » , s’indigne Kourkov.


Les Français, en revanche, se souviennent bien de Pouchkine – l’omniprésent André Markovicz lui consacre d’ailleurs son nouveau livre Le soleil d’Alexandre . Point de soleil, mais une tempête de neige dans le dernier roman de Vladimir Sorokine, La Tempête , également en compétition pour le prix principal. Mais c’est Anne-Marie Tatsis-Botton et son éditeur Hélène Châtelain qui raflent le prix Russophonie pour la traduction du roman Souvenirs du futur de Sigismund Krzyzanowski aux éditions Verdier. « Jamais je n’aurais cru que vous puissiez choisir ce livre, vous ne réalisez même pas ce que vous venez de faire ! » La voix d’Hélène Châtelain tremble lorsqu’elle s’adresse au jury. Depuis vingt ans, elle se bat pour sortir de l’oubli ce génie méconnu. Il y a une magie des Journées du livre russe... et aussi des controverses. Zakhar Prilepine prédit « qu’on va emprisonner Poutine, libérer Khodorkovsky, mettre les campagnes au maïs et envoyer un nouveau Spoutnik dans l’espace » .

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