Davos : nouveau forum avant l'intensification de la crise

Crédits photo : Reuters/Vostock-Photo

Crédits photo : Reuters/Vostock-Photo

Les participants du Forum économique mondial de Davos s'attendent à une nouvelle poussée de la crise mondiale et veulent trouver un nouveau modèle de croissance économique. Les entreprises russes sont plus confiantes que les autres.

Mercredi s'est ouverte la 42ème session du Forum économique mondial (WEF) de Davos (Suisse), placé sous le thème « La grande transformation, mettre en forme de nouveaux modèles ».

Le capitalisme dans sa forme actuelle n'est plus adapté à notre monde, affirme le fondateur et président du WEF Klaus Schwab : « Nous n'avons pas tiré les leçons de la crise de 2009. Il existe un besoin urgent de transformation mondiale, et il est nécessaire de l'entamer en ressuscitant le sentiment de responsabilité sociale ». Pour réaliser, et non pas limiter le potentiel de l'humanité en ce siècle, il faut de nouveaux modèles de développement, des idées audacieuses et du courage personnel, estiment les organisateurs du forum.

En chiffres :


Un sondage mené par PricewaterhouseCoopers auprès de 1 258 dirigeants de 60 pays a montré que 40% des dirigeants étaient plus confiants dans les perspectives de leur entreprise que dans celles de l'économie mondiale.

Les sessions du WEF seront consacrées à repenser les valeurs traditionnelles, des indicateurs de réussite économique et sociale au rôle des banques internationales, de la capacité des méthodes démocratiques à surmonter la crise économique et politique aux avantages de la mondialisation et des avancées technologiques. Le forum sera inauguré par la chancelière allemande Angela Merkel.

La résolution de bon nombre de problèmes est liée aux modèles de développement qu'offriront les pays asiatiques, auxquels sont consacrés plus d'une dizaine sessions du Forum, dont six à la Chine.

La Russie fera l'objet d'une session au titre standard : « Perspectives de la Russie ». Celles-ci seront examinées par l'ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine, le président de la banque VTB Andreï Kostine, le vice-premier ministre Igor Chouvalov, le PDG d'Alcoa Klaus Kleinfeld, le président de la BERD Thomas Mirow, le président du conseil d'administration de Vimpelcom Augie Fabela et la rédactrice en chef de Thomson Reuters Christina Freeland.

Les événements russes informels seront plus nombreux, notamment les petits déjeuners de Sberbank et de VTB Capital avec les investisseurs, et la réception du Fonds russe pour les investissements directs. Le format du petit-déjeuner est pratique, a confié un représentant de VTB Capital : « Les investisseurs commencent tôt un grand nombre de journées de travail, les travaux de la partie principale du forum n'auront pas encore commencé, donc ils ne seront pas distraits. »

« Le Forum accueillera les chefs d'État et de gouvernement de plus de 30 pays. La délégation russe sera dirigée par Igor Chouvalov », a précisé l'assistant du président Arkadi Dvorkovitch, qui lui-même prendra part au forum. La partie cruciale du forum, ce ne sont pas les interventions publiques, mais les conversations en coulisses, admet-il.

Le plus grand projet russe de Davos sera le Fonds russe pour les investissements directs, où l'État investira 10 milliards de dollars, à la condition que les investissements soient réalisés conjointement avec des étrangers.

En Russie, les optimistes sont cette année plus nombreux que dans le reste du monde : 48%, un niveau toutefois inférieur à celui de l'an dernier (60%). « La Russie conserve une marge de croissance à laquelle d'autres pays, comme ceux frappés par la crise de l'Europe, ne peuvent que rêver », souligne le directeur du Fonds russe pour les investissements directs, Kirill Dmitriev, qui figure sur la liste des jeunes leaders mondiaux du WEF. « Les perspectives du business russe semblent meilleures, acquiesce le président de VTB Andreï Kostine, mais cette année a été plus difficile en matière de liquidité, les marchés des capitaux occidentaux ayant pratiquement fermé. » Kostine ne s'attend toutefois pas à un resserrement des conditions de crédit pour les entreprises russes.

« Les taux de croissance du marché chuteront, et il existe déjà des problèmes de liquidité », reconnaît le président d'AvtoVAZ Igor Komarov. « Le pire pour l'économie réelle est la réduction du niveau de liquidités et l'augmentation consécutive des taux des crédits de 1 à 1,5 points, poursuit le PDG d'EuroSibEnergo Evgueni Fedorov, mais nous espérons que le système bancaire – notamment grâce à l'aide du gouvernement – sera ajusté aux conditions actuelles et que la liquidité reviendra sur les marchés ».

« La situation dans le domaine de l'économie, de la politique et de l'industrie va empirer, mais les entreprises peuvent améliorer leurs résultats économiques », est convaincu, quant à lui, le PDG de Rusagro Maxim Bassov.

70% des cadres supérieurs mondiaux prévoient de changer de stratégie en raison de la dynamique de la demande des consommateurs et des conditions économiques. Interviewés par le quotidien russe Vedomosti, les managers russes ne prévoient pas de changer de stratégie d'affaires, ou se contenteront de corrections. Ne seront ajustés que la tactique et les moyens pour atteindre les objectifs stratégiques, en tenant compte de la situation complexe qui règne dans l'économie mondiale, note notamment M. Kostine. Toutefois, tous les managers russes ayant répondu au sondage de Vedomosti cherchent à réduire leurs dépenses.

« La crise n'est possible que dans la sphère financière », estime pour sa part le directeur général de Magnit Sergueï Galitski. « Les entreprises russes ont leurs propres problèmes, rétorque Bassov. La perception du pays par les investisseurs étrangers s'est détériorée, les coûts augmentent (gaz, électricité, engrais, carburant, salaires), la qualité de l'infrastructure est bancale, il n'y a pas de protection contre la hausse des tarifs ».

Le plus grand nombre de délégués a été dépêché par le fonds Skolkovo et Basic Element (Basel). « Les délégations comptent cinq membres », explique un représentant de Basel. « Le groupe est toujours représenté à ce forum, précise-t-il, car c'est un partenaire stratégique de l'événement, et ce statut lui permet d'enregistrer un plus grand nombre de participants ». Au WEF, les partenaires sont au nombre de 109. Le coût de l'événement s'élève à 500 000 francs suisses par an. Les partenaires russes du WEF, en plus de Basic Element, sont VTB, LUKOIL, Sberbank, Troika Dialog et Vympelkom.

Lisez article original sur le site Vedomosti.ru

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.