Moscou, nouvel eldorado des start-ups européennes ?

Crédits photo : Itar-Tass

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En ces temps de crise à l'Ouest, une ruée vers l'Est serait-elle en train de se dessiner ? Les start-ups occidentales sont de plus en plus nombreuses à explorer les marchés émergents à la recherche de nouveaux clients et même d'investisseurs – y compris en Russie, un pays dont l'importance grandit sur le marché mondial des technologies de l'information.


« Ces derniers mois, nous assistons à une hausse sensible de l’intérêt des investisseurs russes pour les entreprises spécialisées dans les technologies », constate Vassili Bargan, éditeur chez Venture-News.ru, site Internet consacré au marché russe du capital-risque. « En septembre et en octobre, les fonds russes ont financé plus de sociétés étrangères que d’entreprises locales», ajoute Bargan.

Cette augmentation des investissements russes dans les entreprises étrangères high tech a débuté en 2009, lorsque DST a acquis une participation dans Facebook. Depuis, ce fond d’investissement fortement médiatisé a investi dans d’autres géants mondiaux de l’internet, tels que Zynga, concepteur de jeux pour les réseaux sociaux, Groupon, qui propose des achats groupés, ou la plateforme chinoise B2B Alibaba.

Plusieurs autres acteurs russes ont suivi. Rien que cette année, le moteur de recherche Yandex a investi dans la start-up américaine Refine.io, dont les solutions facilitent le developpement des applications mobiles, ainsi que dans le moteur de recherche américain Blekko. AiHit, entreprise spécialisée dans les informations commerciales sur le web et dont le siège se trouve Royaume-Uni, a reçu des fonds de VTB Capital, le fonds d'investissement de la deuxième banque de Russie, tandis que la société vietnamienne de commerce en ligne MJ Group a été financée par Ru-Net, l'un des principaux fonds moscovites.

À la recherche de financements russes


Capptain, une start-up basée à Paris, offre des solutions visant à aider les concepteurs d’applications et de jeux mobiles à gérer leur base d’utilisateurs de manière plus efficace. De retour de Russie, Laurent Lathieyre, fondateur de la start-up, confie que son premier contrat a Moscou l’avait rendu « aussi heureux que lorsqu’il avait eu son premier client en France ».

Laurent indique qu’il a rencontré une douzaine d’acteurs locaux, dont des concepteurs d’applications et de jeux mobiles majeurs et un groupe Internet de premier plan, et espère conclure des accords avec certains d’entre eux dans les prochaines semaines.

« Les rencontres entre Capptain et les personnes représentant ces entreprises se sont très bien déroulées. Je pense que cela est lié, entre autres, à la culture commune que la France et la Russie partagent en matière d’ingénierie et de logiciels », dit Laurent.

L'entrepreneur globe trotter est également optimiste quant à ses rencontres avec les investisseurs russes. « En France, on manque de fonds pour les investissements de départ. Il y a plus d’argent disponible aux États-Unis, mais son marché est tellement concurrentiel qu’il est même compliqué d’attirer l’attention des investisseurs, à moins de s’installer dans ce pays. Je suis ravi que des fonds d’investissement russes de renom aient pris le temps d’étudier sérieusement notre proposition et envisagent d’investir dans notre entreprise ».

mScriber, une autre start-up basée à Manchester, connaît aussi l'attrait de l'Est. Entre un voyage en Inde et un autre en Chine, Nicky Singh, directeur général, s’est rendu à Moscou le mois dernier afin de présenter les applications mobiles de sa société destinées à sécuriser et partager les données conservées dans les téléphones portables. Singh a rencontré un important fonds d’investissement russe qui, espère-t-il, pourrait participer à la prochaine levée de fonds de mScriber.

Adaptation en français d'un article paru en anglais dans East-West Digital News, le site d'information sur les technologies de l'information en Russie


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