Exposition Universelle 2020 : la Russie dans la course

Délégation russe dirigée dirigée par Victor Khristenko (deuxième à gauche). Crédits photo : Dimitri de Kochko

Délégation russe dirigée dirigée par Victor Khristenko (deuxième à gauche). Crédits photo : Dimitri de Kochko

La Russie tente à nouveau sa chance pour organiser en 2020 la prochaine Exposition universelle, après Shanghaï, qui avait battu en 2010 la candidature de Moscou. La Russie a participé à presque toutes les expositions universelles depuis leur création il y a 150 ans mais n'en n'a jamais accueillies.

Forte des succès remportés pour l'organisation des jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014 et la Coupe du Monde de la FIFA 2018, la Russie tient à continuer à affirmer sa présence dans le monde en essayant à nouveau de convaincre les pays membres du Bureau International des Expositions (BIE), établi à Paris, de confier cette fois à Ekaterinbourg, capitale de l'Oural et troisième ou quatrième ville de Russie selon les décomptes, d'accueillir les visiteurs en 2020.

Le 23 novembre 2011, c'est une délégation de haut niveau dirigée par Victor Khristenko, Ministre russe de l'Industrie et du Commerce, et d'Alexandre Miсharine, gouverneur de la région de Sverdlovsk, qui est venue à Paris présenter publiquement la candidature ouralienne à l'Assemblée Générale du BIE qui se tenait au siège de l'OCDE, au  Château de la Muette (Paris XVIème).

Ekaterinbourg aura à faire à une forte concurrence : Ayutthaya (en fait, Bangkok, Thaïlande), Dubaï (EEAU), Izmir (Turquie) et Sao Paolo (Brésil). La décision sortira du vote de l'Assemblée Générale du BIE à la fin 2013. Près de 140 pays sont membres de cette assemblée et les pays impétrants ont donc deux ans pour convaincre les délégués des pays petits et grands, dont les voix ont la même valeur.

Ekaterinbourg, pont reliant l'Europe à l'Asie. Crédits photo : service de presse

Pour faire face, Victor Khristenko a indiqué lors de son intervention devant l'assemblée que la Russie était prête à mettre les moyens. Tout en soulignant que « la stabilité de la situation financière en Russie est la meilleure garantie du succès de l'Expo et constituera un choix à risque zéro pour le Bureau International des Expositions » il s'est dit certain que « la capacité d'investissement allait se multiplier au cours de la réalisation du projet et que la Russie était prête à y dépenser 10 milliards de dollars et même 15 si nécessaire ».

La composante climatique pourrait se révèler un argument important face aux pays chauds concurrents, l'exposition se tenant du 1er mai au 31 octobre 2020. La thèmatique de l'exposition, qui est aussi un point important selon les responsables du Bureau International des Expositions,  sera « L'Esprit global : un dialogue pour réunir l’humanité ».

Le gouverneur Micharine a, de son coté, insisté sur la position géographique d'Ekaterinbourg, à la frontière géographique de l'Europe et de l'Asie, comme  « pont reliant l'Europe à l'Asie et un tournant sur la légendaire Grande Route et le Transsibérien. »

Pour Eric Bougoulov, directeur général du Comité de candidature d’Ekaterinbourg 2020, « le thème proposé de l'esprit global devrait permettre d'ouvrir le dialogue sur la durabilité urbaine, initié par les Expositions précédentes, sur une nouvelle scène mondiale engageant le monde entier dans une conversation pour notre avenir commun ».

Pour M. Jean-Pierre Lafon, président sortant du BIE, interrogé par la Russie d'Aujourd'hui (voir notre vidéo), il appartient maintenant à Ekaterinbourg de se faire mieux connaitre dans le monde, notamment à Paris, et de bien préparer sa candidature, pour ne pas répéter la douloureuse expérience de Moscou, et, tout en développant ses thématiques propres, de savoir compter sur le vote des petits pays.


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