Photo du film « Mon papa c'est Barychnikov « qui fait parti du programme 2011. Crédits photo : Kinopoisk
Pour la 19ème édition du festival, sa présidente Françoise Schnerb a récupéré l’un des films russes couronnés dans un grand festival international : Elena d’Andreï Zviaguintsev, prix spécial du jury à Cannes, qui sortira prochainement dans les salles françaises.
Outre cette grande réalisation, le festival permet de découvrir des auteurs
encore méconnus en Europe, à travers une sélection très composite de films
récents. Huit d’entre eux seront en compétition dans la sélection principale.
On retiendra notamment Gromozeka, où Vladimir Kott met en scène trois amis qui,
la quarantaine atteinte, perdent prise sur leur entourage immédiat et leur
destin dans ce film sombre et émouvant. On frôle le misérabilisme et la
surenchère dramatique, mais la veine réaliste reste la plus forte et sauve
l’œuvre.
Bedouin, d’Igor Volochine, suit une mère cherchant par les moyens les plus désespérés à sauver sa fille atteinte de leucémie. « Les jeunes aiment les vampires. C’est un thème immortel, mais surtout très actuel », commente le réalisateur.
Moins courageuse, Avdotia Smirnova filme dans Deux jours une comédie politiquement correcte où un haut fonctionnaire au cœur sensible (joué par Fiodor Bondartchouk) est aux prises avec un méchant gouverneur régional caricatural, inculte et pressé de s’enrichir. Une fable destinée à rassurer le peuple sur le fait qu’il est dirigé par un bon tsar (Bondartchouk est encarté chez Russie Unie, le parti de Poutine), lequel va bientôt réaliser qu’il est entouré d’ignobles boyards.
Autre film féminin, Portrait au crépuscule , d’Angelina Nikonova, lui aussi
sera diffus é dans les salles françaises prochainement. Une tromperie assez
banale déchire le cœur de Marina, l’épouse en mal d’émotions fortes. Plongée
dans état dépressif, elle bascule brutalement dans une autre relation
dangereuse. Un sujet déjà très exploré, mais décliné avec talent dans les
lignes moralement mouvantes de la Russie contemporaine.
Retour en «A» (c’est-à-dire dans ce pays maudit qu’est l’Afghanistan). C’est le
vieux syndrome de la guerre ratée porté à l’écran comme les Américains l’ont
fait avec le Vietnam. Un film d’aventure et de guerre selon la formule
consacrée : un peu superficiel mais de bonne facture... et qui n’encombrera pas
la mémoire.
Après les femmes et la guerre, il ne manquait que l’argent ( Bablo , de
Konstantin Bouslov) pour compléter le tableau. Bouslov revisite le thème de la
mallette d’un million de dollars disparue et convoitée par plusieurs gangs de
truands et de flics ripoux. Bien ficelé, ce film donne cependant une image
puissamment négative de la Russie actuelle, car on n’y trouve pas un seul
personnage positif. Sa noirceur morale extrême fait écho à celle de Mon
bonheur de Sergueï Loznitsa, déjà présenté au festival de Honfleur.
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