La technologie sert l’ambition tatare

Crédits photo : Lori/Legion Media

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Les autorités du Tatarstan veulent que la première ville de la République, Kazan, obtienne le statut officiel de troisième capitale de la Russie. La région ne manque pas d'atouts.

« Les investisseurs en ont assez de Moscou et Saint-Pétersbourg, où la main-d’œuvre est chère. Le Tatarstan devient une alternative intéressante », affirme Nikolaï Nikiforov, vice-Premier ministre et ministre de l’information et de la communication de la République. Son objectif est d’obtenir le soutien de l’Agence des initiatives stratégiques, créée et supervisée par Poutine et dont la mission est de contribuer à la mobilité professionnelle et à la création d’entre­prises.

Selon Nikiforov, au Tatarstan, l’Agence pourrait soutenir des projets de création de pôles de technologie. Il souligne que, souvent, les projets innovants nécessitent plus que des investissements financiers : une assistance permettant de franchir les barrières bureaucra­tiques et législatives. Le Tatarstan et l’Agence ont signé un accord cet automne.

Les autorités du Tatarstan ­misent tout particulièrement sur la création d’un village d’innovation, dont le chantier débutera au début de l’année prochaine et qui devra constituer une véritable « fourmilière » de projets dans les secteurs des nouvelles technologies de l’information et dans la pétrochimie. Cette cité s’étendra sur 1 200 hectares à 35 km de Kazan. Il ne reste plus qu’à construire le reste : un ensemble de bâtiments pour accueillir et faire travailler 50 000 personnes. Nikiforov compte sur au moins 10 000 spécialistes venus d’autres régions et 200 sociétés russes et étrangères destinés à peupler le « village ».

Les autorités du Tatarstan financeront la mise en place de l’infrastruc­ture sociale et du réseau de transport, tandis que les investisseurs privés se chargeront de la construction des logements et des bureaux.
Ce village n’est pas la première technopole en Tatarstan. Il existe une zone économique spéciale, « Alabuga », qui élabore des projets dans les secteurs de la pétrochimie, de la construction automobile et du bâtiment. Les industries « traditionnelles » (construction automobile, matériel naval civil et militaire, aéronautique) sont présentes.

Le Tatarstan est aussi doté d’un parc scientifique important, sous la coupe de l’Université de Kazan (où ont étudié Léon Tolstoï et Lénine).

Ces dernières années, le Tatarstan s’est placé dans les dix premières régions de Russie en matière d’investissements. D’après les données du ministère de l’ Économie, l’indice de production industrielle pour 2011 sera de 105%, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne russe.

Le pays est doté d’une économie diversifiée, d’une politique budgétaire raisonnable et d’une dette publique qui reste modérée, malgré une tendance à la hausse. « Ce n’est pas une raison pour nous reposer sur nos lauriers » , dé­clare Linar Yakoupov, le président de la toute jeune Agence pour le développement des investissements du Tatarstan. « Pour arriver à obtenir le volume d’investissements que nous visons, il faut insister au maximum ».

Cette agence a pour objectif d’aider les investisseurs dans toutes leurs démarches, d’accompagner les projets depuis la planification jusqu’à la réalisation en passant par l’obtention des nombreuses autorisations auprès des administrations. Linar Yakoupov avance que les investissements ne se limiteront pas à la sphère pétrolière mais iront vers des secteurs traditionnellement forts comme la construction automobile et aérienne, l’ingénierie, l’agroalimentaire.Le secteur du commerce et des services est également très propice aux investissements. Le pouvoir d’achat est assez élevé, par rapport à la moyenne russe. L’hypermarché Auchan, tout juste ouvert à Kazan, sert 15 000 visiteurs chaque fin de semaine et jusqu’à 10 000 visiteurs en semaine, pour un panier moyen de 600 roubles. La logique veut qu’au fur et à mesure que les investissements augmenteront, le nombre de clients et la moyenne de leurs paniers en feront autant, et pas seulement à Auchan.

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