La note russe de l'Opéra de Paris

Crédits photo : Agathe Poupeney Opéra National de Paris

Crédits photo : Agathe Poupeney Opéra National de Paris

La nouvelle saison de ballet sur la scène de l'Opéra Parisien National de Paris a commencé par la présentation de deux mises en scène à un acte réalisées par des maîtres chorégraphes russes. Il s’agit de «Phèdre – musique de Georges Auric, mis en scène par Serguei Lifariev – et de Psyché, qu'Alexeï Ratmansky a créé sur la musique de Franck César.

Phèdre a vu le jour sur la scène parisienne en mai 1950. Le rôle titre fut joué par la célèbre danseuse russe Tamara Toumanova puis par la légendaire Nina Vyroubova, le rôle d’Hippolyte par Sergey Lifaryev. 

Le nom de Sergey Lifaryev (Serge Lifar) est indéniablement lié la rénovation radicale de l'Opéra de Paris qu’il présida pendant de longues années. Les historiographes de ballet comparent son rôle à celui joué par le français Marius Petipa dans le ballet russe. Serguei Lifariev a notamment introduit au répertoire les ballets de Tchaïkovski qui, dans les années 30, étaient peu connus en France. Il fut le premier à inviter la danseuse de ballet soviétique Marina Semenova à rejoindre la capitale française.

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Serguei Lifariev compte à son actif plus de cent ballets dans lesquels il a interprété lui-même des dizaines de rôles. Serguei Diaguilev l'appelait « l'acrobate des lignes », mais le maître de chorégraphie lui-même considérait ces ballets comme « néo-classiques ». Il préférait les mises en scène à un acte issues des mythes bibliques, antiques ou médiévaux. Il était intéressé par le thème de la solitude du héros, l'impossibilité de résister au destin. Son ballet le plus célèbre était Ikar qui se joue encore de nos jours sur toutes les scènes du monde.

Psyché, a été créé par Alexeï Ratmansky spécialement pour l'Opéra de Paris. Il est certainement l’un des maîtres chorégraphes les plus doués de sa génération. Tout comme Serge Lifar, Ratmansky est aussi originaire de Kiev. Pendant cinq ans, il était le directeur artistique de la troupe de ballet du Bolchoï. Il a créé quelques spectacles remarquablement vifs et a fait connaître les grandes étoiles actuelles du Bolchoï, comme Natalia Ossipova et Ivan Vassiliev. Il a travaillé ces deux dernières années avec le théâtre américain du ballet et continue à mettre en scène les ballets pour les différents théâtres du monde. Les amateurs russes regrettent, non sans raison, le départ de Ratmansky qui a beaucoup fait pour la renaissance de la troupe.

Avant Alexeï Ratmansky, le dernier maître chorégraphe russe invité à Paris fut une institution russe de 84 ans, Youri Grigorovitch, qui travaillait jusqu'alors avec le Bolchoï. Il avait mis en scène Ivan le Terrible avec les danseurs français. Mais  jusqu'ici, la base fondamentale du répertoire de ballet a été constituée par les spectacles de Rudolf Nouriev qui dirigea aussi l'Opéra Parisien.

Avec la saison 2011 - 2012 verront le jour Cendrillon de Nouriev, sur la musique de Prokofiev, et son dernier spectacle : La Bayadèrede Minkusa. « Nouriev souhaitait produire tous les grands ballets du passé sur  la scène parisienne », souligne le directeur de la troupe de ballet de l'Opéra de Paris, Brigitte Lefebvre. « Sa chorégraphie est exceptionnelle. Rudolf Nouriev a apporté beaucoup de Russie et l’a transmis à l'Ouest. » Peu de temps avant sa mort, il affirma : « Je vivrai tant que mes ballets dansent ».

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Paris découvrira aussi le ballet néo-classique Onéguine, mis en scène sur la musique de Tchaïkovski par le britannique John Kranko. C'est l’un des spectacles les plus intéressants et modernes de la saison, qui n’a     d’ailleurs jamais été mis en scène en Russie.

La note russe est donc forte dans le programme de l’Opéra de Paris, avec encore La Dame de pique de Tchaïkovski est de nouveau mise en scène par le célèbre réalisateur Lev Dodine et La Cerisaie de Tchekhov sur la musique du compositeur moderne Philippe Fenelona, interprété par des chanteurs russes. Il s’agit d’une mise en scène commune avec le Bolchoï. Enfin, la saison sera conclue par l'opéra  L’amour de trois oranges de Prokofiev.

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