Le Kremlin donne un coup de pouce aux nanotechnologies

Anatoli Tchoubaïs promet une protection contre la bureaucratie. Photo : Sergey Kiselev/Kommersant

Anatoli Tchoubaïs promet une protection contre la bureaucratie. Photo : Sergey Kiselev/Kommersant

Anatoli Tchoubaïs, patron de la Corporation d' État Rosnano, dévoile pour nous ses projets les plus secrets.

Lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg, Rosnano a présenté plus de 10 projets déjà lancés ou qui le seront avant la fin de l'année. Seuls une centaine de projets sont en cours d'élaboration, bien que près de 2.000 demandes aient été déposées. En moyenne, Rosnano donne son feu vert à une proposition sur 20. «  On me dit souvent : avec vous c'est trop difficile, le processus de sélection est trop long et rigoureux, nous n'allons pas travailler avec vous, mieux vaut trouver un autre investisseur  » , raconte Tchoubaïs. «  Moi je pense qu'un sur vingt, c'est normal. En outre, contrairement à tout autre investisseur, nous ne nous contentons pas d'investir dans le projet, nous le menons à bien  » , ajoute-t-il. Le chef de Rosnano explique que son aide con‑
siste à aider les entrepreneurs à trouver un ou des investisseurs stratégiques privés.

Et ce n'est pas tout : Rosnano offre une protection contre la bureaucratie et autres mésaventures qui guettent l'entrepreneur novice. Pour la gestion, Rosnano a pour principe de se cantonner à une participation minoritaire. Selon Tchoubaïs, la société «  cultive un jardin  » qui, dans quelques années, devrait porter ses fruits. Truffés de hautes technologies, bien sûr.

4 projets phares de Rosnano


1. Transmission instantanée de l'information. L'entreprise deSaint-Pétersbourg Connector Opticus lance la production de « lasers verticaux ». Ces appareils sont nécessaires à la fabrication de fibre optique. 
L'entreprise doit constituer la 
base d'un cycle complet de production de fibre haut-débit en Russie. Grâce aux lasers, on produira des matériaux d'une capacité de débit pouvant aller jusqu'à 80 gigabits par seconde.


2. Souple et ultra-résistante. 
Nous nous trouvons dans la région d'Ijevsk (Oural). L'usine s'appelle sobrement Proujina (« ressort »). Le ressort n'est généralement pas associé à l'innovation. Pourtant, il s'agit de ressorts plusieurs fois plus performants que leurs analogues russes. À l'heure actuelle, l'entreprise fabrique des produits destinés à la construction de wagons.  Les ressorts utilisés aujourd'hui dans les trains durent à peine quelques années. Or, la durée de service des wagons est de 30 ans. C'est à peu près la durée de vie de la production de l'entreprise d'Ijevsk.

3. Le marché des puces. C'est certainement le projet le plus ambitieux de Rosnano. Non loin de Moscou, on met en place une usine de production de micro-puces appelée Sitronics-Nano. Le volume des investissements atteint 16,5 milliards de roubles (408 millions d'euros). Le chiffre d'affaires attendu en 2015 est de 12 milliards (environ 300 millions d'euros). L'entreprise produira des puces de 90 nanomètres.  Comme l'a souligné dans son discours Tchoubaïs, ce n'est pas un record mondial : il existe en Europe, aux États-Unis et en Asie des produits plus complexes. Cependant, 90 nm - c'est la norme nécessaire pour les micro-puces utilisées dans la plupart des appareils électroniques modernes. Jusqu'à présent, la Russie ne possédait aucune usine de production de ce type.


4. Nano-film. 
La société Danaflex, basée à Kazan, est l'un des rares projets de Rosnano dont les produits atteindront le consommateur lambda. L'entreprise fabrique des emballages alimentaires. Le film Danaflex possède un nano-revêtement qui réduit de plusieurs fois la pénétration de l'air et de l'humidité à l'intérieur de l'emballage. Il est à peine plus cher que ses analogues, mais au final, il permet des économies en réduisant la quantité de conservateurs dans les aliments et en étant facilement recyclable.

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