Par ici les pots-de-vin !

Crédits photo : Chocobox.

Crédits photo : Chocobox.

Dans la lutte contre la corruption, non seulement les hommes politiques, mais aussi les entrepreneurs peuvent être gagnants. Par exemple, le producteur de tablettes de chocolat étiquettées « La part sucrée du budget », ayant pressenti la tendance, a triplé ses ventes en l'espace de deux semaines.

La dernière étude de la compagnie internationale GlobeScan a révélé que 67% des Russes considèrent la corruption comme le problème le plus sérieux de la Russie contemporaine. Le propriétaire du magasin en ligne de chocolats Chocobox, Andreï Charkov, a exploité cette tendance dans sa stratégie marketing. En avril, il a élaboré le design et passé une commande pour la production des chocolats « La part sucrée du budget ».
 
Dans chaque boîte, 30 tablettes, sur les emballages desquelles figurent les portraits de fonctionnaires ou les logos de compagnies accusées de corruption, et accompagnés de commentaires explicatifs. Ces exemples, Charkov les a trouvés auprès du populaire blogger Alexeï Navalny. Grâce à lui, il a bénéficié d'une bonne campagne publicitaire sur internet.

« La part sucrée du budget ». Crédits photo : Chocobox.
 
Chocobox n'est pas la seule entreprise à surfer sur cette nouvelle tendance. En septembre 2010, la compagnie de vente de souvenirs Evrika  a commencé à produire deux tables de bureau : « Nous ne prenons pas les pots-de-vin » et « Je ne donnerai pas d'argent ». Sur le revers de chaque table est indiqué le prix : «  100 $, ce n'est pas un pot-de-vin ». Les bureaux « anti-corruption » se vendent 20% plus que les autres tables Evrika.
 
Les affaires tournent également bien pour la bijouterie « Pot-de-vin » de Briansk. Ce magasin à l'enseigne peu commune est devenu une curiosité locale. Les touristes se bousculent pour y acheter des bijoux.
 
La production de bonbons « Pas de pots-de-vin », lancée par la compagnie Konfael, n'avait pourtant pas marché début 2009. L'explication est simple. Selon les données de GlobeScan, il y a encore 2 ans, seulement 23% des Russes pensaient que la corruption était un problème sérieux. Ce n'est qu'en cette année pré-électorale que le sujet fait la une. Et il se peut que la tendance soit de courte durée.

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