À Paris, la CEI fait son cinéma

Crédits photo : Maria Tchobanov

Crédits photo : Maria Tchobanov

Paris accueille le premier festival du cinéma russophone de la CEI

Le premier festival européen des films en langue russe des pays de la CEI, une initiative de l'Agence fédérale Rossotroudnitchestvo, a ouvert ses portes à Paris. Le festival proposera chaque année la projection des 16 meilleurs films de l'année écoulée produits par les studios des pays de la CEI, à raison de quatre films dans quatre pays européens. La France passera cette année le relais au Portugal, puis le festival se poursuivra en Grèce, et enfin en Belgique.

Coordinateur du projet et président d'honneur du festival, le scénariste et réalisateur Roustam Ibraguimbekov est connu du public français en raison de ses films coréalisés avec le cinéaste Nikita Mikhalkov : Urga, territoire de l'amour, Soleil trompeur, Le Barbier de Sibérie et le film russo-français Est-Ouest avec Sandrine Bonnaire dans le rôle titre.

 

Lors de l'ouverture du festival à Paris, Ibraguimbekov a présenté son film Piège pour un fantôme, une production azerbaïdjano-française. Le film raconte les aventures touchantes d'un Français amoureux, acteur et directeur d'un théâtre de Marseille (joué par Richard Martin, directeur du Théâtre Toursky dans la Cité Phocéenne) dans un Azerbaïdjan mystérieux et incompréhensible pour cet Européen. L'arrivée à Bakou chez la femme dont il est épris, une actrice hélas mariée (jouée par Choukioufy Ioussoupova) aide le Français à faire le point sur lui-même et à trouver, enfin, le bonheur. La bande originale est composée d'une chanson de Léo Ferré qui résonne tout au long du film.

Piège pour un fantôme a reçu cette année en Russie le prestigieux prix Nika du meilleur film de la CEI et des pays baltes. « Malheureusement, les films produits dans la CEI n'ont de débouché ni en Russie, ni même dans leurs pays d'origine. Les spectateurs ne peuvent pas les voir parce que les cinémas projettent uniquement des blockbusters américains. Paradoxalement, les films des studios de l'ex-Union soviétique intéressent principalement le public de l'Ouest », déplore Roustam Ibraguimbekov. « Pour moi, l'URSS, et désormais la Russie, reste ma « grande patrie », et l'Azerbaïdjan ma « petite». Les acteurs avec lesquels je travaille en Azerbaïdjan sont probablement la dernière génération pour qui la langue russe est la deuxième langue. Jouer au théâtre dans une langue dont vous n'avez pas une connaissance approfondie, c'est-à-dire qui ne dépasse pas le niveau de la simple conversation, est impossible. Il est important que la Russie continue à se soucier de la culture russe dans les pays de la CEI. Sans cette politique volontariste, qui permet de ne pas perdre à jamais les acquis culturels de l'époque de l'Union soviétique, il est peu probable que ce festival et bien d'autres événements se tiendraient », estime le réalisateur, qui a écrit le scenario du film soviétique culte Soleil blanc du désert.

Farit Moukhametchine, directeur de l'agence Rossotroudnitchestvo, souligne en outre que le festival du film en langue russe des pays de la CEI, qui a débuté à Paris, constitue le début d'une nouvelle étape de coopération culturelle fructueuse entre la France et la Russie. Le succès de l'année croisée 2010 a dicté la nécessité de développer cette initiative, et 2012 sera l'année de la langue et de la littérature russes en France, et de la langue et littérature françaises en Russie.

 

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