Le lac Baïkal entre nature et civilisation

Crédits photo : Legion Media

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Dans son écrin de beauté, le mythique et gigantesque plan d’eau place les visiteurs au contact de la riche culture sibérienne

Lori / Legion media

 

Niché dans le sud de la Sibérie, loin des destinations touristiques classiques, le lac Baïkal offre à ses visiteurs un paysage exceptionnel, avec plus de 31 000 kilomètres carrés de pureté et de charme naturel. Sur ce site cohabitent des dizaines d’espèces de flore et de faune sauvages uniques, dont les fameux phoques sans oreilles ou encore l’omul, un poisson qui constitue l’une des principales ressources alimentaires des riverains.

Réputé le plus profond du monde (1 637 mètres), le lac Baïkal constitue aussi un cinquième des réserves d’eau douce de la planète. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1996, il est ainsi devenu un lieu d’expédition pour les scientifiques. Ce qui a provoqué un engouement touristique pour la région, et certains habitants craignent que les nombreux voyageurs ne détruisent à terme la beauté sauvage du site. Aujourd’hui, la haute saison touristique débute en juin pour se terminer en août. Une période qui offre aux visiteurs des conditions idéales pour la randonnée, le vélo, le camping, le canoë-kayak et la pêche. Mais l’activité favorite reste le traditionnel « bania », un sauna à la russe, avec toute la culture qui lui est propre. En hiver, les touristes peuvent profiter des promenades en traîneau et de la pêche sur glace.

 

Pour certains, le lac Baïkal sera l’une des escales du voyage à bord du Transsibérien. Le plus souvent, les voyageurs descendent à Irkoutsk et choisissent le village le plus développé de la région, Listviyanka. Ce lieu est presque devenu le confluent de deux continents, car on y croise de nombreux Asiatiques et Européens. L’île d’Olkhon, située à environ 300 km au nord d’Irkoutsk, reste l’un des sites les plus purs et sauvages de la région. Accessible en bus ou en taxi, Olkhon est la plus grande des 27 îles qui entourent le lac Baïkal. Pour atteindre Khoujir, la capitale de l’île, il faut compter une demi-journée sur des routes rocailleuses, ainsi qu’une traversée en bac. Pourtant, ceux qui se sont aventurés sur l’île d’Olkhon ne l’ont jamais regretté. Le temps semble y avoir retenu son souffle, protégeant ses quelques 1 500 habitants de la vie stressante et mouvementée des grandes villes et de la civilisation. Ici, l’électricité n’est installée que depuis 2005.

 

Les peuples de Sibérie se différencient des autres habitants de la Russie par leur exposition permanente aux éléments naturels. Ils disent vivre en harmonie avec la nature, respecter les traditions. Sa situation géographique fait d’Olkhon le lieu idéal pour rencontrer de tels individus, de même que les peuples du Baïkal comme les Bouriates d’Asie. Selon leur culte, le Rocher Shamanka aux alentours serait sacré. En respect pour les croyances locales, les touristes ne peuvent pas prendre de photos des chamans ni endommager les marquages sur les arbres, ou autres symboles sacrés. L’île d’Olkhon offre aussi des paysages contrastés : des montagnes rocheuses et des forêts, mais aussi des steppes à perte de vue, et même un petit désert. Mais ces lieux préservés ne sont pas pour autant dépourvus de tout confort : de nombreux hôtels accueillent aujourd’hui les touristes, et l’île a son propre musée. Elle offre également des aires de jeux pour enfants, une bibliothèque comportant des livres en anglais et en allemand, et un zoo. L’hôtel Nikita, dirigé par Nikita Bencharov, résident de l’île et fervent écologiste, reste de loin le plus connu de la région. Contrairement aux stéréotypes sur les Russes et la vodka, Nikita Bencharov a privilégié un accueil pour le moins différent de la tradition : l’alcool au sein de l’établissement est interdit. À la place, le gérant offre à ses visiteurs une délicieuse cuisine sibérienne, dans la plus pure tradition.

 

Les habitués de la vie chère de Moscou sont souvent étonnés par les prix locaux : 750 roubles (20 euros) pour une nuit d’hôtel et trois repas au buffet en libre-service. Si vous choisissez de prendre une chambre au Nikita, vous recevrez un repas offert par l’établissement.

 

Le développement du tourisme dans la région, notamment l’hébergement, a cependant contribué à la destruction des ressources naturelles. Le risque serait qu’à terme, le tourisme submerge l’île et la fasse disparaître.

 

Mais, donnant raison aux anciennes légendes, c’est l’esprit du lac qui attire les visiteurs, venus de plus en plus nombreux du monde entier contempler le site et communier avec la nature : le signe, peut-être, que quelque chose restera éternel...

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