Démythification générale

Crédits photo : RG

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L’approche documentaliste s’impose peu à peu dans les rayons des librairies, avec plusieurs travaux d’envergures jetant un regard nouveau sur le passé soviétique

Pendant que le monde de la littérature organise des prix rétro-actifs pour rendre justice aux chefs-d’œuvres soviétiques censurés (le prix NOS 73 vient d’être annoncé), la non-fiction se tourne aussi vers le passé. Verbatim , publié par Astrel, est certainement la plus poignante de ces œuvres. Son auteur, Liliana Lounguina, mère du cinéaste Pavel Lounguine (Taxi Blues, L’Île), fut la traductrice d’Astrid Lindgren, Heinrich Böll, Boris Vian, Henrik Ibsen et bien d’autres. Elle était l’amie de nombreux écrivains soviétiques. Ses compagnons ont été un à un les victimes de la terreur, broyés ou tués dans les camps de Joseph Staline. Sa maison s’est convertie en un îlot de sécurité pour de nombreux auteurs persécutés, trahis par leurs amis et leurs collègues. Elle-même est devenue la gardienne et le témoin de leur destin.

Juste avant son décès en 1998, Lounguina a conté sa vie à Oleg Dorman. Son récit a donné naissance à un documentaire puis au livre Verbatim. Pendant onze ans, on n’avait manifesté aucun intérêt pour son histoire, jusqu’à ce que le romancier Boris Akounine et le journaliste Léonid Parfionov s’en mêlent. Le documentaire et le livre ont tous deux rencontré un énorme succès public. De son côté, Parfionov, un des plus célèbres journalistes de télévision, planche sur le cinquième volume de Notre Temps, une encyclopédie englobant l’URSS et la Russie actuelle. Chaque volume aborde une décennie différente. Notre Temps est illustré de photographies de haute qualité, vivantes et pertinentes, qui aident à donner vie à l’histoire pour le lecteur russe.

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