Le progrès selon Poutine

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Le Premier ministre se repositionne en innovateur avec 27 nouvelles plateformes technologiques et un petit tour en voiture électrique

La Commission pour les hautes technologies et les innovations dirigée par le Premier ministre a approuvé 27 « plateformes technologiques ». Selon M. Poutine, cet instrument permet de conjuguer les efforts de l'Etat, de la science, de l'enseignement et des entreprises autour d'un projet d'innovation audacieux, censé encourager les échanges de technologies, marchandises et services d'avant-garde commercialement attrayants. Les projets n’ont nul besoin d’être grandioses, a souligné le chef du gouvernement, qui s'est même dit favorable à des « produits liés à la grande consommation, du moment qu’ils exercent un impact sur le renouvellement technologique ». A titre d'exemple, M. Poutine a cité la Ë-mobile, projet d'une coentreprise du groupe Onexim et de la holding russo-biélorusse Iarovit. Le chef du gouvernement a même pris le volant de ce véhicule pour rouler depuis sa résidence de Novo-Ogarevo jusqu’à celle du président Dmitri Medvedev, où il devait assister à une réunion du Conseil de sécurité russe.


« La Russie possède un système hybride, situé entre le second et le troisième modèle »

 

 

Le ministère du Développement économique a reçu 203 demandes d'inclusion dans la liste d'Etat des plateformes, a rapporté la ministre du développement économique Elvira Nabioullina ; la ministre explique que les projets ont été triés en fonction de sept critères. Les domaines admins sont la médecine, les biotechnologies, l'énergie, l'aviation, l'espace, les technologies nucléaires et communicationnelles, la production de ressources naturelles et la transformation des hydrocarbures, a résumé Poutine, ajoutant que les entreprises devaient jouer le rôle de locomotive des plateformes. Selon Mme Nabioullina, la liste est ouverte, et six autres projets pourraient venir la compléter.

 


L'Etat soutiendra les plateformes, a promis M. Poutine, notamment en investissant dans la construction d'infrastructures. Le financement public s'arrêtera là, mais la thématique et le financement des programmes devraient être affinés. Les priorités des plateformes seront reflétées dans le programme fédéral pour les études fondamentales échelonné jusqu'en 2020, actuellement en gestation.

 


Ce système de plateformes a suscité l'intérêt de Rostekhnologuii, désireuse d'intégrer le pool des compagnies impliquées dans les mises au point innovantes, a déclaré le premier adjoint au directeur de la holding russe des hautes technologies, Alexeï Alechine. Une compagnie « ne peut réaliser seule un gros projet », elle a besoin d’un client important comme l’Etat, souligne le directeur général d'ABBYY Serguei Andreïev. Selon lui, le financement public est un élément important du succès d’un projet, mais le seul. Que sont en réalité ces plateformes, personne ne peut le dire au juste, souligne un employé d'un institut de développement. Il existe une acception américaine de la plateforme, précise-t-il: « L'iPhone est une plateforme autour de laquelle gravitent des compagnies qui produisent notamment des programmes et des accessoires ». Dans l'Union européenne, on trouve des programmes de développement technologique, qui regroupent des partenaires commerciaux et se voient allouer un financement public. Enfin, il existe des axes décrétés prioritaires par l’Etat au sein de la science. La Russie possède un système hybride, situé entre le second et le troisième modèle, constate-t-il. Un des problèmes consiste en l'absence d'exigences claires de la part des entreprises, permettant de savoir quelles technologies leurs sont nécessaires.

 

 

L'écueil principal est l'absence de concurrence, les compagnies n'ayant pas de motivation afin d'intégrer de nouvelles technologies, estime le partenaire de FBK Igor Nikolaïev. En revanche, il existe une concurrence entre les dirigeants: Medvedev promeut le projet Skolkovo, tandis que le Premier ministre soutient les plateformes, conclut l'expert.

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