Première médaille française à Sotchi

Crédits photo : RG

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La Compagnie des Alpes a signé avec un premier contrat stratégique en Russie pour opérer la station de ski de Vladimir Potanine, qui accueillera le gros des compétitions de ski aux J.O. de 2014

   Roza Khoutor, la station de ski où l’homme d’affaires russe Vladimir Potanine investit en ce moment plus d’1,5 milliard de dollars, est allé chercher en France le leader mondial des opérateurs de stations. Les détails financiers du contrat n’ont pas été dévoilés. Le patron de Compagnie des Alpes Serge Naïm explique à la Russie d’Aujourd’hui qu’il s’agit pour son groupe d’un « accord très important qui ouvre les portes d’un pays très prometteur ». Compagnie des Alpes va « dans un premier temps aider Roza Khoutor à gérer l’ouverture de la saison 2011 ». Une expertise de grande valeur pour la station russe, dans la mesure où la taille de la station flambant neuve est inédite dans le pays.

L’accord a eu pour théâtre Krasnaïa Poliana, la commune où est concentré le « cluster neige » des jeux olympiques de Sotchi 2014. La vallée et les montagnes étaient inondées d’un soleil radieux et d’une température particulièrement élevée pour la saison : près de 20 degrés. Pas vraiment bon signe, d’ailleurs, car la neige se réfugie au-delà de 2500. Autant dire que l’ouverture des pistes n’est pas pour demain, l’enneigement étant nul. « Pas de soucis, la neige sera au rendez-vous en février » assure le directeur général de Roza Khoutor Alexandre Belokobylski. Il souligne que toutes les pistes sont équipées de canons à neige et qu’un vaste lac de neige artificiel (une « retenue collinaire » dans le jargon des professionnels) assurera l’approvisionnement en poudreuse.

« Nous allons apporter notre expertise et notre soutien technique » explique Serge Naïm, qui précise à la Russie d’Aujourd’hui que Compagnie des Alpes opère plus de kilomètres de pistes qu’aucun des ses concurrents mondiaux. « Notre objectif, c’est que Roza Khoutor ouvre dans les meilleures conditions possibles et satisfasse tous ses clients. Nous possédons des compétences uniques en matière de neige de culture (« artificielle »), en terme de sécurisation des pistes et aussi en marketing. Nous offrons en outre à nos clients un package complet de services en haut comme en bas des pistes. Il s’agit par exemple d’offres globales avec hôtel plus forfaits » précise le patron de la Compagnie des Alpes. Roza Khoutor aura bien besoin d’une aide côté marketing pour remplir les 800 chambres d’hôtel en bas de la station.


De son côté, Compagnie des Alpes fera en sorte que « Roza Khoutor devienne la vitrine de notre savoir-faire en Russie ». Le groupe voit grand, alors que le Kremlin se prépare à investir 14 milliards de dollars pour construire plusieurs stations de ski dans le Caucase, le plus souvent à partir de zéro. En outre, Compagnie des Alpes rêve de placer ses pions dans un second secteur d’activité : les parcs de loisir à thème. Le groupe opère le Parc Astérix et Walibi et Grévin). « Un succès à Roza Khoutor nous ouvrira beaucoup de porte » croit Serge Naïm.

Compagnie des Alpes n’est pas le seul groupe français à avoir remporté un contrat sur l’immense chantier qu’est la préparation des Jeux Olympiques d’hiver 2014. Toujours dans cette même station, le leader mondial des systèmes de prévention des risques naturels T.A.S. fournit son expertise en matière de prévention d’avalanches. Le spécialiste des remontes pentes POMA équipe entièrement la station voisine « Gornaïa Karoussel », qui accueillera le saut à ski. Soit un très long télécabine sur un dénivelé de 1500 mètres en trois tronçons, plus quelques télésièges. Montant du contrat là encore pas dévoilé au public. POMA a eu fort à faire face à la concurrence autrichienne de Doppelmayer, qui fournit l’ensemble des systèmes de remonte-pente par câble des stations de Roza Khoutor et de Gazprom (Esto-Sadok). Pour finir, Suez Environnement va participer à la construction d’un incinérateur pour la ville de Sotchi.

Le patron du comité d’organisation des J.O. de Sotchi Dmitri Tchernychenko, lui-même auparavant homme d’affaires, assure que tout est fait pour créer un environnement favorable aux business international. « Nous sommes déterminés à tenir compte de l’expérience des jeux passés en préparation à Vancouver et à Londres » explique-t-il à La Russie d’Aujourd’hui. « De grandes sociétés internationales tentent aujourd’hui de profiter de l’opportunité créée par Sotchi, en particulier dans la construction autour des stations de ski. Cela souligne ce que la communauté internationale réalise le potentiel d’investissement à long terme à Sotchi ».

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