Un film russe récompensé à Londres (+Diaporama)

Comment j'ai passé cet été, un thriller campé dans une station polaire, a obtenu le trophée du meilleur film au 54e Festival de Londres. Le jury a loué un film « captivant, qui vous touche au plus profond de l'âme, universel par sa portée ». L'opus de Popogrebski avait déjà récolté plusieurs récompenses au dernier festival de Berlin.



« Le réalisateur Alexeï Popogrebski a conjugué maîtrise exceptionnelle du septième art et attention pittoresque pour le détail, en nous donnant à voir le jeu à la fois puissant et subtil des acteurs Grigori Dobryguine et Sergei Puskepalis. Le film revisite le schéma du chasseur et de la proie, en le retournant de fond en comble, prétexte pour évoquer des thèmes tels que la vie et la mort, la fermeté, et la compassion », a souligné la présidente du jury, l'actrice américaine Patricia Clarkson. Dans la compétition pour le grand prix du festival londonien, le film de Popogrebski était aux prises avec Cygne noir de Darren Aronofsky, un thriller au sein du monde du ballet, Le discours du roi du britannique Tom Hooper, ainsi que la Palme d'or du dernier festival de Cannes, Oncle Boonme celui qui se souvient de ses vies antérieures du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul.

Au total, cinq récompenses ont été décernées hier. La réalisatrice britannique Clio Barnard a raflé deux prix avec son The Arbor, le Meilleur espoir britannique et le prix Sutherland (meilleur premier film). Le prix Grierson, décerné au meilleur documentaire, est revenu au Danois Janus Metz pour Armadillo, qui retrace le combat de soldats danois contre les talibans en Afghanistan. Le Prix de la communauté a été remis au Britannique Danny Boyle, auteur de Trainspotting, 28 semaines plus tard, et Slumdog Millionaire, grand gagnant des Oscars 2009.

Comment j'ai passé cet été pourrait être qualifié de thriller arctique, sa dramaturgie s'inspirant des canons américains. Dans une station polaire perdue au fin fond de l'Arctique, deux hommes se retrouvent en tête à tête. Le chef de la station, Sergueï, est père de famille, mais c'est avant tout un loup solitaire. Il réalise sa mission au bout du monde avec une détermination frisant parfois le fanatisme, incarnant de tout son être la force et la fiabilité masculine. Mais voilà qu'apparaît Pavel, un jeune stagiaire complètement infantile: négligé et je-m'en-foutiste, il a atterri on ne sait comment pour l'été dans cette contrée austère et se réfugie dans les jeux vidéos de guerre pour vaincre l'ennui. Ces deux contraires sont pourtant liés par un lien ambigu maître-disciple, sorte de substitut de relation père-fils. Ils iront jusqu'à devenir ennemis, mais il leur arrivera parfois de s'enrichir au contact l'un de l'autre. Popogrebski a su mettre entre parenthèses l'esthétique du drame à huis clos qu'on lui connaît pour produire un cinéma plus épique.

Comment j'ai passé cet été avait déjà reçu trois Ours d'or au dernier festival de Berlin. Werner Herzog, lui-même globe trotteur confirmé, avait récompensé les artistes Grigori Dobryguine et Sergei Puskelapis, mais surtout l'opérateur Pavel Kostomarov, dont les paysages époustouflants de la Tchoukotka, immortalisés avec une caméra numérique RED, sont un véritable morceau de bravoure du cinéma du XXIe siècle.

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