Les clowns en blouses blanches entre Moscou et Paris

Le clown hospitalier Kostia. Photo : DR

Le clown hospitalier Kostia. Photo : DR

Le 24 septembre 2010 les participants au projet « Echange de clowns hospitaliers pour les enfants français et russes : du rire vers la guérison » ont présenté à Paris les résultats d’une collaboration franco-russe hors du commun.

Les clowns français de l’association « Rire médecin » et leurs confrères russes de l’association « Doctor Clown » ont travaillé côte-à-côte d’abord à Moscou puis à Paris, dans des services pédiatriques, auprès d’enfants atteints de maladies graves.

A l’initiative de ce projet, le Ministère russe de la santé et du développement social et le Ministère français de la santé ; il a pu être réalisé grâce au soutien du service des affaires sociales de l’Ambassade de France à Moscou, de l’association française « France-Hôpitaux russes » et de la fondation russe « Podari Jizn » (Offre la vie).

Lors de l’étape moscovite, au mois de juin, les deux clowns de « Rire médecin » Lori Leshin et Hélène Gustin, ont dispensé une série de cours à leurs confrères de « Doctor Clown », plus jeunes et moins expérimentés, mais débordants d’enthousiasme et de projets artistiques . Ceux-ci se sont montrés désireux d’apprendre de nouvelles méthodes pour mieux atteindre leur but : alléger les souffrances des enfants, faire reculer la douleur, oublier la maladie.

« Le système français est plus intéressant, pour les enfants comme pour les adultes intervenants, explique Konstantin Sedov, président de l’association « Doctor clown » et l’un des premiers clowns hospitaliers en Russie. « Notre approche consiste à produire un spectacle en utilisant des accessoires, comme des ballons par exemple, et en faisant participer les enfants. En France, on improvise beaucoup plus, en fonction de la situation et de l’enfant. C’est une approche très individuelle : il faut chercher la clef à chaque fois ».

« Nous laissons l’enfant dominer le clown, le diriger, pour qu’il puisse se sentir fort pendant ce contact, oublier son handicap, se comporter comme une personne en plaine santé, - raconte Hélène Gustin, hôpiclown-formatrice au « Rire Médecin ». – Cela les aide à mieux vivre les interventions et les soins douloureux ». Au cours de son expérience à Moscou, Hélène Gustin a remarqué que les enfants russes riaient plus facilement, qu’ils se montraient beaucoup plus ouverts face au clown, que les enfants français. Cette différence se ressent surtout à l’adolescence, d’après la clownesse. « En France l’adolescent se laisse approcher et accepte le clown au bout de la quatrième séance, tandis qu’en Russie nous n’avons pas rencontré ce genre d’obstacle », dit l’artiste.

Pendant l’étape parisienne, quatre artistes de l’association russe « Doctor clown » ont pu appliquer les méthodes mixées, en faisant équipe avec leurs confrères français dans les services pédiatriques de différents hôpitaux de la capitale. « Avec les enfants nous nous comprenions à 80%, malgré notre méconnaissance de la langue française, a raconté Konstantin Sedov.« Nous avons parlé avec les yeux ». J’ai regardé dans les yeux du Clown Kostia et je l’ai cru.


Clown Kostia (a.g.) avec ses collègues, des hôpiclowns français. Photo : DR

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