À l’Est, un nouveau grenier du monde (+Infographie)

La Russie ambitionne de devenir le premier exportateur mondialde blé. Crédits photo : Legion Media

La Russie ambitionne de devenir le premier exportateur mondialde blé. Crédits photo : Legion Media

La Russie pourrait dépasser les États-Unis pour l’exportation du blé d’ici à neuf ans, affirme à La Russie d’Aujourd’hui le président de l’Union céréalière russe Arkadi Zlotchevski. Si, en 2002, les exportations de blé se limitaient à cinq millions de tonnes, ce chiffre est aujourd’hui multiplié par six (30 millions de tonnes) et continue de croître.

C’est un vrai retournement de situation. L’URSS dépendait entièrement des importations de blé et vendait son pétrole, son gaz et son or pour nourrir ses propres citoyens. Les chefs du Parti communiste passaient souvent d’un extrême à l’autre : tantôt ils discutaient sur le détournement de rivières pour l’irrigation des champs de coton d’Asie centrale, tantôt ils plantaient du maïs un peu partout. Selon les pronostics de l’Institut de recherche sur le marché agricole national, en 2019, la Russie pourra récolter environ 125 millions de tonnes de blé, dont 45-50 millions de tonnes seront exportées (les exportations annuelles des États-Unis s’élevant à environ 30 millions de tonnes). Cependant, en raison des intempéries, le ministère de l’Agriculture russe a dû revoir à la baisse ses prévisions concernant la récolte brute de blé pour l’année en cours, soit 85 millions de tonnes (contre 108 millions il y a deux ans). Mais même ce chiffre-là dépasse largement le niveau de consommation en Russie (72-73 millions de tonnes). Les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient sont les principales cibles du blé russe.

D’ailleurs, comme le remarquent les experts, la Russie a presque fait disparaître le blé français du marché égyptien. Les principaux concurrents du blé russe sur ses marchés traditionnels sont les États-Unis, l’Union européenne (UE) et le Canada. Selon Zlotchevski, l’UE importe seulement 500 000 tonnes/an de blé russe. La Russie exporte essentiellement du blé de catégorie 4, soit du blé alimentaire de basse qualité. « C’est la plus demandée sur le marché mondial », précise Zlotchevski. Selon lui, on utilise souvent en Europe des compléments alimentaires différents, qui permettent de fabriquer du pain même à base de blé de basse qualité. Les catégories supérieures sont utilisées dans la production des pâtes et de la pâtisserie. « La Russie a du blé de toutes qualités et nous sommes capables de répondre à toute demande », affirme Zlotchevski.



Principaux importateurs et exportateurs de céréales






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