Les îles Solovki vous offrent la rédemption (+Multimédia)

Les Solovki sont imprégnées d’un sentiment de calmeet de compréhension presque surnaturels.Crédits photo : William Brumfield

Les Solovki sont imprégnées d’un sentiment de calmeet de compréhension presque surnaturels.Crédits photo : William Brumfield

Il semble qu’une étrange atmosphère règne dans ces îles et s’empare de l’âme du visiteur. Serait-ce parce qu’aux Solovki, le voyageur s’identifie aux destins, parfois tragiques, de tous ceux qui y ont vécu au fil des siècles, souvent contre leur volonté ? Les lointaines Solovki attirèrent l’attention de l’homme dès les temps les plus reculés : de nombreuses traces laissées par des pêcheurs et des chasseurs de passage et plus de 30 mystérieuses constructions en forme de labyrinthe en embellissent le paysage. Peut-être s’agissait-il de lieux de culte où les païens antiques accomplissaient leurs rites propitiatoires, comme le soutiennent la plupart des archéologues.

Dans un pays où c’est le plus souvent au bon sens qu’il faut se fier dans le choix de l’endroit où s’arrêter pour passer la nuit, il est très conseillé d’emporter son sac de couchage et sa tente. Un beau matin, j’ai pris le large dans le brouillard, à bord d’un bateau se dirigeant vers le nord. Sous une couverture, j’ai sombré dans un profond sommeil réparateur. Quand je me suis réveillée, j’étais déjà sur une île !

Sept jours aux Solovki, c’est exactement ce qu’il me fallait ! Je n’ai pas ménagé mes efforts : longues randonnées à pied, excursions organisées, promenades en bateau et des dizaines de kilomètres parcourus à vélo tout-terrain.

Aucun doute, les Solovki sont une destination ultra-touristique : bondées le week-end et même bruyantes pendant les fêtes. En août, par exemple, lors du Festival de la chanson à texte, la Grande Solovetski se retrouve envahie par une foule d’auteurs-interprètes barbus qui racontent en chantant les histoires du passé pendant que les pèlerins récitent des psaumes et prient.

Vous seriez comme loi sidéré de voir à quel point le microcosme des Solovki est imprégné d’un sentiment de calme et de compréhension presque surnaturels, typiquement nordiques, capables de tranquilliser les tempéraments méridionaux les plus agités... comme le mien !

Texte et photos de William Brumfield, rédacteur Anton Mourad, commentaire de Veronika Dorman



Des ermites aux touristes

Sur une carte, l’archipel Solovki (également nommé Solovetski) ressemble à une simple poignée de cailloux éparpillés dans la mer Blanche, tout près du Cercle polaire arctique.

Ces îles ne furent habitées qu’à partir du XVème siècle, à l’origine par des anachorètes. L’archipel devint rapidement un important centre spirituel, culturel et économique du nord de la Russie et le resta pendant plus de 500 ans.

Devenu riche, le monastère des Solovki participa au XVIIIème siècle à des opérations de défense de la partie occidentale de la mer Blanche et continua de remplir cette fonction significative d’avant-poste militaire pendant près de deux cents ans, jusqu’à ce qu’il soit fermé par les bolcheviques. De centre spirituel, il devint en 1922 le premier goulag soviétique.



Un reportage de France 2 sur les Solovki






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