Quand la crise stimule la création d’entreprises

Durant l’année 2009, le nombre de Petites et MoyennesEntreprises russes a bondi de 9,3%.Crédits photo : Evgeny Egorov, Fotoimedia

Durant l’année 2009, le nombre de Petites et MoyennesEntreprises russes a bondi de 9,3%.Crédits photo : Evgeny Egorov, Fotoimedia

Monter sa propre affaire avec le soutien de l’État est en vogue en Russie. Mais les experts sont sceptiques : la viabilité d’une entreprise établie avec l’argent d’autrui ne va pas de soi.
Pour monter une affaire au plus fort de la crise, Natalia Dovgal, une habitante de Saint-Pétersbourg âgée de 30 ans, a investi avec ses partenaires 12 000 roubles au total. En un an, le chiffre d’affaires de leur société, « City Gifts », spécialisée dans la vente des souvenirs et les réalisations publicitaires graphiques, a dépassé 5 millions de roubles. Natalia explique : « Je voulais créer ma propre entreprise depuis très longtemps. Après avoir travaillé dans la publicité pendant quatre ans, j’ai décidé de monter une agence moi-même ». Le déclic est venu de son ancien employeur... qui a mis la clé sous la porte pour cause de crise. Les jeunes entrepreneurs comme Natalia sont à la fois nombreux et trop rares.

Abondance de candidats...

Le service « poisk@mail.ru » a enregistré une hausse considérable de l’intérêt que les internautes vouent à l’entrepreneuriat. La fréquence d’apparition de la question « Comment monter sa propre entreprise ? » dans la base de données du service a augmenté de 62% au cours de l’année dernière.

Selon l’analyse, plus de 300 000 requêtes ont été faites et les internautes les plus actifs font partie de la tranche d’âge 19-25 ans. L’analyse a également montré que ce sont les filles qui s’intéressent le plus à cette question (58,77% du nombre total de requêtes sur ce sujet). Selon les estimations des analystes du portail Web, les questions les plus fréquemment posées par les internautes concernent l’ouverture d’un café ou d’un restaurant, car près d’un dixième des futurs entrepreneurs veulent ouvrir une société spécialisée dans la restauration. Le salon de coiffure, l’agence de voyage, la boutique de vêtements et la pharmacie arrivent en deuxième et troisième positions par ordre de popularité. Les hommes, quant à eux, s’intéressent plutôt aux questions liées à l’ouverture d’un magasin de pièces détachées pour automobile, une station de lavage ou un cabinet de conseil juridique. Une étude intitulée « Indice de développement des petites entreprises » affirme qu’en 2009, le nombre de Petites et Moyennes Entreprises russes a bondi de 9,3%. Un tiers de ces PME ont été créées grâce aux subventions de l’État. « L’accroissement du nombre d’entrepreneurs ne signifie pas que ce secteur de l’économie est en train de connaître une amélioration », tempère Alexandre Chamray, auteur de l’étude. Le chiffre d’affaires total des PME a en effet diminué de 9,7% !

... Mais peu d’élus

Dans la cadre de sa stratégie de soutien à l’emploi en 2010, le ministre de la Santé et du Développement social s’appuie surtout sur une nouvelle stimulation de l’entrepreneuriat. Le vice-ministre Maxime Topiline a exigé des régions russes au début de l’année un changement radical de stratégie. Au lieu d’orienter les chômeurs vers le travail temporaire, les régions devront les encourager à créer leur entreprise, en leur accordant un capital initial de 58 800 roubles par personne, majoré du même montant pour chaque personne embauchée. Cette mesure a déjà profité à 127 600 chômeurs en 2009, et cette année, on compte soutenir 174 400 nouveaux entrepreneurs. Selon Chamray, la plupart des petites entreprises créées grâce aux subventions fédérales risquent toutefois de s’avérer peu rentables car leurs entrepreneurs novices ne prennent pas de risques financiers.


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