Portrait impérial à l’Institut de France

Arnaud d’Hauterives devant une toile monumentaledu portraitiste français André Brouillet.Crédits photo : Maria Tchobanov

Arnaud d’Hauterives devant une toile monumentaledu portraitiste français André Brouillet.Crédits photo : Maria Tchobanov

L’Institut de France se tranforme du 15 juin au 4 juillet en un musée miniature d’histoire de l’Académie russe des Arts.
Des pièces d’archives, des photographies et des œuvres d’art soulignent le rôle qu’ont joué depuis trois cents ans les arts et sciences de France dans l’émergence de l’école académique et de l’art russes.

La vraie surprise de cette exposition sera, selon le Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts Arnaud d’Hauterives, le tableau monumental (3mètres par 4,5) du portraitiste français André Brouillet, récemment redécouvert par l’artiste russe Zourab Tsereteli, qui l’a fait restaurer à ses frais. La toile représente la visite de l’empereur russe Nicolas II à l’Académie française en compagnie du Président Français Félix Faure le 7 octobre 1896.

« Du point de vue artistique, ce n’est sans doute pas un chef-d’œuvre, mais c’est une page d’histoire, témoignage vivant d’une époque où la France était véritablement tournée vers la Russie. André Brouillet suscitait un très grand respect parmi ses contemporains. Il est remarquable que tous les personnages de ce tableau énorme, le couple impérial mis à part, aient accepté de poser spécialement pour le peintre », explique Arnaud d’Hauterives.



ENTRETIEN

Arnaud d'HAUTERIVES, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-arts

A qui s'adresse l'exposition accueillie en ce moment par l'Académie des beaux arts? Quelle est sa place parmi les autres événements culturels parisiens actuels ?

Cette exposition parle dans des proportions assez modestes de l'histoire de l'Académie des Beaux arts de Russie depuis sa création au XVIIIème siècle. Il n'y a pas beaucoup d'originaux de documents historiques, ce sont surtout des copies car il faut dire que c'est assez difficile de travailler avec les services douaniers russes et d'autres organismes de ce genre. Il y a quelques peintures, des photos. Mais la surprise, c'est l'événement que nous avons apporté à cette exposition et que nous allons, en quelque sorte, exporter bientôt en Russie. C'est la redécouverte d'une grande peinture qui fait 4m sur 3m et qui représente la visite de l’empereur russe Nicolas II à l’Académie française en compagnie du Président Français Félix Faure le 7 octobre 1896.

Comment a été retrouvé ce tableau ?

Nous l'avons retrouvé en dépôt à Chantilly et il a été récupéré grâce au soutien de Zourab Tsereteli, qui, avec sa caissette personnelle, je tiens à le souligner, a financé la restauration qui a été faite en France. Du point de vue artistique, ce n’est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais c’est une page d’histoire, témoignage vivant d’une époque où la France était véritablement tournée vers la Russie. André Brouillet suscitait un très grand respect parmi ses contemporains. Il est remarquable que tous les personnages de ce tableau énorme, le couple impérial mis à part, aient accepté de poser spécialement pour le peintre qui a ensuite intégré les portraits dans le tableau.

Dans quelques mois, nous prêterons cette œuvre à la Russie dans le cadre de l'exposition d'un grand artiste moderne, Jean Lurçat. Ensuite, le tableau retrouvera sa place dans la salle Comtesse de Caen, qui voit beaucoup de réceptions et qui sert de cadre parfait à cette peinture.



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