La chimie russe divise les Dieppois

Elles ne sont pas légion, les entreprises russes à oser investir dans l’Hexagone. Moins nombreuses encore sont celles prêtes à entrer dans des secteurs politiquement sensibles comme l’industrie chimique.

Le leader russe des engrais chimiques Uralchem a relevé le défi en annonçant à la fin de l’année dernière son projet de construire une usine de transformation d’engrais d’une capacité de 250 000 à 300 000 tonnes par an, dont la mise en service est prévue pour l’été 2011.

Mais une polémique monte en puissance depuis avril dernier. Les « verts », par la voie puissante de Marie-Christine Blandin, ont fait ressurgir le spectre de l’accident de l’usine chimique d’AZF à Toulouse, qui avait coûté la vie à 31 personnes en 2001. « Uralchem n’est pas sans rappeler AZF, dont les rejets toxiques avaient conduit à l’explosion de 2001 » estime l’écologiste, tandis que son compère, le sénateur vert de Paris Jean Desessard, estime que « laisser Uralchem s’implanter à Dieppe, c’est ne rien avoir retenu de la leçon d’AZF ». Les engrais chimiques restent un sujet explosif...

Pourtant, le groupe russe assurent respecter à la lettre la législation sur l’environnement et attend avec impatience le feu vert des autorités françaises après avoir gagné le soutien du maire Sébastien Jumel.

Uralchem estime logique une implantation en France, car c’est le marché n°1 de sa production de nitrates d’ammoniaque.

Le printemps s’annonce difficile pour le groupe russe. En plus des problèmes posés par son implantation à Dieppe, la conjoncture financière défavorable l’a contraint à renoncer au dernier moment à son introduction à la bourse de Londres. Parallèlement, Uralchem fait l’objet à domicile d’assauts judiciaires de ses concurrents russes FosAgro et Silvinit. Une campagne de presse se déchaîne au plus mauvais moment alors qu’Uralchem doit trouver d’urgence une solution pour refinancer sa dette d’1,4 milliards de dollars.


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