Un oligarque parie sur la voiture « low cost » hybride (+Infographie)

Mikhaïl Prokhorov. Photo du site Expert Online

Mikhaïl Prokhorov. Photo du site Expert Online

Mikhaïl Prokhorov convoite la niche occupée par Renault et son compère Avtovaz (Lada), à l’image des constructeurs chinois, allemands et italiens. Place à un véhicule hybride : l’« Eco ».
L’oligarque Mikhaïl Prokhorov a présenté son nouveau projet au premier ministre et au président russes. Le constructeur de camions de Saint-Pétersbourg, Yarovit, y sera le partenaire du groupe « ONEXIM ».

Le prix de la voiture qui en sortira serait de l’ordre 8 888 euros. Le véhicule devrait être équipé d’un groupe-moteur hybride. 
Et il n’est pas exclu qu’en plus 
des accumulateurs soit prévu 
un système à essence ou au gaz naturel dont les ressources ont 
récemment augmenté de près d’un tiers en Russie grâce à une nouvelle technologie d’extraction du gaz de houille.

Prokhorov a l’intention d’investir dans ce projet jusqu’à 100 millions d’euros, sans compter 
la création de l’outil industriel. 
Le lancement de la production des voitures de classe C (10 000 unités par an au départ) est prévu pour 2012 . Selon le ministre de l’Industrie, Victor Khristenko, 
le retour sur investissement sera atteint à partir de 600 000 véhicules vendus.

Présenté sous le nom d’ « Eco », le nouveau véhicule hybride atteindra une vitesse maximale de 120 km/h et la puissance du moteur sera de 70 chevaux.

L’ambition de Prokhorov, qui vise à promouvoir en Russie une 
véritable voiture électrique, étonne les experts : l’exploitation d’un tel véhicule repose sur un réseau et une infrastructure 
développés, comprenant notamment des stations service de 
recharge dédiées. En outre, de nombreux pays envisagent pour les propriétaires de voitures 
électriques des réductions substantielles sur les autoroutes 
à péage et dans les parkings, ainsi qu’une baisse des taxes de transport. Rien de tel n’est prévu en Russie. Autre défi : la maintenance technique et l’entretien, qui 
ne peuvent être assurés de façon 
cohérente que dans des centres agréés. Et la création d’un réseau de garages demandera d’importants investissements supplémentaires.

Les experts soulignent d’autres points faibles du projet. « Deux ans, c’est un délai trop court pour la création d’une automobile, même avec des technologies innovantes », remarque Pavel Lyamenkov, adjoint au directeur des ventes du concessionnaire « GK Torgmach. « En outre, les seuls frais de construction de la plate-forme automobile s’élèvent à près d’un milliard de dollars, sans parler des autres éléments du véhicule, de l’organisation de la fabrication, des tests et des ajustages correspondants. »

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