Les technos françaises bienvenues

La proposition de la Russie d’acheter un Mistral estaccueilie favorablement par la France

La proposition de la Russie d’acheter un Mistral estaccueilie favorablement par la France

Moscou brûle d’impatience pour obtenir les technologies de pointe nécessaires à la modernisation de son économie. Quitte à exiger bien souvent, des investisseurs stratégiques étrangers, des transferts de technologie en échange de l’ouverture de son marché.
Présente dès 1998 sur le marché russe, la France était en bonne position pour combler certains déficits technologiques de son partenaire. Les échanges ont porté sur l'efficacité énergétique, l'amélioration des méthodes de raffinage et l'augmentation de la production des groupes pétroliers ou encore la modernisation des centrales thermiques. En 2004, l'Hexagone a senti qu'il avait une carte à jouer dans le secteur de l'énergie, et particulièrement dans le domaine de l'efficacité énergétique en Russie. A cette époque, Paris était disposé à réaliser des transferts massifs de technologie de pointe et avait contracté de nombreux accords, qui sont toujours d'actualité. Le meilleur exemple est celui de Total, qui explore le grand gisement gazier en devenir de Chtokman, prometteur mais lourd de défis technologiques et financiers pour les Français, et révélateur des problèmes auxquels font face les Russes pour augmenter leur production : des problèmes qui ne peuvent être résolus sans un savoir-faire étranger. La France possède, en effet, la technologie permettant de séparer le pétrole du gaz, alors que la Russie n’utilise toujours pas le gaz qu'elle extrait du pétrole.

Ces dernières années, les Français ont pris une place de choix dans l'aéronautique. Plus d'un tiers des technologies utilisées pour la conception du Superjet-100, premier avion commercial russe construit depuis la chute de l'Union soviétique, sont françaises. Le russe Sukhoï s’est associé à de grands industriels français comme Thalès et la SNECMA. Cette dernière a créé une « joint-venture » avec le russe NPO Saturn pour la fabrication du moteur.

Les coopérations fleurissent également dans le domaine des télécoms avec Alcatel et Rostechnologie, qui font cause commune pour développer les réseaux russes, et elles vont bon train dans le secteur des infrastructures où Vinci a signé avec le russe Rosavtodor le contrat de concession du premier tronçon de l'autoroute à péage Moscou-Saint-Pétersbourg.

De son côté, Bouygues a remporté un appel d'offre relatif au contournement autoroutier de Saint-Pétersbourg. Et Alstom a noué un partenariat avec le principal équipementier ferroviaire russe, TransMachHolding, relançant ainsi l'idée de créer une nouvelle ligne à très grande vitesse entre Moscou et Saint-Pétersbourg.

Même dans le domaine ultra-sensible du militaire, la France vend des technologies de pointe telles que des caméras thermiques ou du matériel de conduite de tir pour chars par le biais du groupe Thalès, travaillant avec des entreprises russes pour produire ce même type d'appareil que la Russie réservera ensuite à son marché d'exportation.

La même Russie a manifesté sa volonté d'acheter à la France le navire Mistral, bien qu'elle se considère capable de fabriquer elle-même ce type de bateau pour au moins 80% du prix demandé par Paris. Mais c’est surtout là l'occasion pour les Russes d'acquérir des licences de fabrication relatives au système de navigation et de propulsion qui lui permettra de moderniser leurs chantiers navals.

Dans le domaine spatial, Moscou s'intéresse aux technologies que les dirigeants avaient choisi de ne pas développer pendant la période soviétique, comme les procédés à usage civil, les satellites de cartographie, l'électronique embarquée ou les capteurs pour l'observation de la terre.

Mais ici, la France semble peu encline aux transferts, pour des raisons de sécurité. « Il s'agit de technologies extrêmement sensibles. Et entre la France et la Russie, la confiance mutuelle n'est pas suffisante », explique Isabelle Sourbes Verger, spécialiste des transferts de technologie dans le domaine spatial au CNRS. « Aussi les deux pays préfèrent-ils multiplier les coopérations pour que chacun garde sa technologie : on fabrique chacun de son côté, et on assemble les productions à la fin ».

Dans ce secteur, les experts s'accordent plutôt à parler de « transferts géographiques » et du besoin « d'apprendre à travailler ensemble », comme pour le partenariat « Soyouz en Guyane », dont le lancement est prévu en 2010, année France-Russie.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.