Art contemporain : ce que vous réserve la Biennale industrielle de l’Oural

Hôtel « Iset ».

Hôtel « Iset ».

service de presse de la Biennale industrielle de l’Oural
Jusqu’au 10 novembre, Ekaterinbourg accueillera la troisième biennale industrielle d’art contemporain de l’Oural. 70 artistes venus de 21 pays du monde y participent, y compris des stars telles que Yoko Ono, Alfredo Jaar et Tino Sehgal. RBTH a sélectionné huit œuvres à ne pas manquer.

Ivan Antonov. Hôtel « Iset »

L’ancien hôtel « Iset » abrite le projet principal de la biennale, préparé par deux commissaires internationaux, le chinois Li Chenhua et la Serbe Bijana Ciric. Le bâtiment en lui-même, haut de dix étages, est l’une des plus belles œuvres de la biennale. Il a été construit dans le style constructiviste entre les années 1920 et 1930 comme une résidence communautaire pour les jeunes employés du NKVD (police politique soviétique, ndlr) et est devenu l’élément central d’un ensemble de bâtiments surnommé « la cité des tchékistes ». Dans cette construction semicirculaire, on a trouvé tout ce que souhaitaient les organisateurs de la biennale : un passé industriel, le présent d’une ville aux interminables constructions à grande échelle, et la mémoire collective d’une période historique difficile.

Li Chenhua (Chili – Etats-Unis). « Aï Weïweï »

Crédit : service de presse de la Biennale industrielle de l’Oural

C’est l’un des principaux commissaires de la biennale, mais avant tout un artiste multimédia. L’œuvre qu’il y expose est une pièce remplie de téléviseurs, diffusant sans interruption des vidéos d’actions du chinois le plus célèbre du monde, Aï Weïweï, dissident, activiste social, habitué des scandales, et artiste. Le personnage de Weïweï s’est sans doute ainsi converti en sa meilleure œuvre d’art.

Alfredo Jaar. « Trois femmes »

Crédit : service de presse de la Biennale industrielle de l’Oural

Trois photographies minuscules sont suspendues à trois murs noirs, obligeant le spectateur à se rapprocher le plus possible pour observer les portraits. Chacune d’entre elles est éclairée par plusieurs puissants projecteurs. L’installation du célèbre Chilien est dédiée à trois femmes valeureuses, combattantes des droits de l’homme dans différents pays du monde : Aung San Suu Kyi en Birmanie, Ela Bhatt en Inde et Graça Machele au Mozambique.

Vladimir Selezniev (Russie). « Sécurité de la biennale »

Crédit : service de presse de la Biennale industrielle de l’Oural

Cette série de dessins de l’artiste venu de l’Oural comprend des portraits d’agents de sécurité de différents statuts, avec leurs propres citations sur leur compréhension de l’art moderne, qui peuvent être radicalement opposées : de « l’art ne sert à rien, ils feraient mieux de rouvrir l’hôtel » à « pour comprendre l’art contemporain, il faut se servir de sa tête ». La série est devenue partie intégrante du projet d’études et éducatif « Méthodes de l’Art », lancé en 2013 par l’université de Cologne.

Wan Izuan (Chine). Naphtaline

L'inscription "Pour utiliser dans l'avenir". Crédit : service de presse de la Biennale industrielle de l’Oural

Cette installation constituée de verres remplis de boules de naphtaline de couleur répartis dans une pièce parle du caractère illusoire, éphémère, et du passage rapide du temps. À la fin de la biennale, la naphtaline doit s’évaporer, et les verres rester vides. L’œuvre du jeune artiste est un hommage à son prédécesseur, le célèbre Urs Fisher, avec ses gigantesques sculptures de bougies de cire.

Jenya Matchneva (Russie). Tirage 1/1

Crédit : service de presse de la Biennale industrielle de l’Oural

En étudiant les œuvres d’art célèbres, l’artiste a passé quelques semaines dans une résidence d’artistes située dans la célèbre usine de fonte Kaslinski. Elle en tira une série de natures mortes « industrielles » en tapisseries, sur lesquelles sont représentés les objets entourant au quotidien les ouvriers de l’usine.

Groupe Bitnik (Suisse). Achats au hasard sur le Darknet.

Crédit : service de presse de la Biennale industrielle de l’Oural

Ce projet, qui fit grand bruit dans les médias l’année dernière, raconte l’histoire d’un robot créé par les artistes pour effectuer des achats au hasard sur le Darknet (l’Internet caché). Le budget hebdomadaire du robot était de 100 dollars, convertis dans la « monnaie locale », le bitcoin. Les articles choisis par le robot étaient livrés à la galerie des artistes, jusqu’à ce qu’il n’achète par hasard 10 tablettes d’extasy en Allemagne, plaçant dans l’impasse les services de police chargés de surveiller les actions du robot.

Kwan Shun Chi (Hong-Kong). Cuisinons avec Mme Kwan… préparons un spray lacrymogène.

Crédit : service de presse de la Biennale industrielle de l’Oural

C’est l’une des vidéos d’une série dans laquelle l’artiste réfléchit de façon ironique à l’influence des médias sur les spectateurs. Sous le masque d’une émission culinaire habituelle, une séduisante animatrice accompagnée de musique lounge, nous apprend à fabriquer chez soi un spray de gaz lacrymogène, une arme pouvant être très dangereuse pour les yeux.

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