Les « Oscars du cirque » ont célébré leur 1ère édition à Sotchi

Crédit : Emmanuel Grynszpan

Crédit : Emmanuel Grynszpan

La première compétition internationale du cirque a été marquée par une domination des artistes russes et par le retour dans sa patrie du célèbre clown Oleg Popov.

Renouant avec les riches heures de l’histoire du cirque, la Russie fonde une compétition internationale sur le modèle des Oscars. Baptisée « Master », elle vient de se dérouler du 27 au 30 juin à Sotchi et a rameuté des grandes vedettes internationales comme le légendaire clown Oleg Popov, qui n’avait pas mis les pieds en Russie depuis 1991. 

Au terme d’une grandiose cérémonie de clôture au cirque de Sotchi, le jury a récompensé mardi soir les meilleurs professionnels du cirque dans 12 catégories. Le célébrissime Italien David Larible a reçu la distinction du « clown de l’année ». Sa jeune compatriote Clio Togni a été récompensée du titre de « artiste de l’année » pour ses acrobaties extraordinaires. Les autres catégories ont été dominées par des artistes russes (chorégraphie, compositeur, metteur en scène, dresseur, etc). Le vétéran du monde du cirque Urs Pilz a obtenu le titre de « Producteur de l’année ». 

Ce citoyen suisse, qui est directeur du festival international du cirque de Monte-Carlo depuis treize ans, a loué l’initiative de Master. « Je pense que la plus haute distinction internationale restera le Clown d’Or décerné à Monte-Carlo », explique Urs Pilz à RBTH. « Master se distingue de notre festival parce qu’il récompense l’ensemble des métiers du cirque. Jamais à ma connaissance il n’y avait eu de tentative de fédérer ainsi le monde du cirque ». Pilz, qui vient régulièrement en Russie depuis les années 60, n’a que des compliments pour l’équipe de RosGosTsirk [la compagnie chargée d'assurer la gestion des cirques du pays, NDR], qui a organisé Master. « C’est une excellente initiative qui va sans aucun doute s’imposer dans les années à venir ».

Le célèbre clown Oleg Popov, qui n’avait pas mis les pieds en Russie depuis 1991, est venu au festival de Sotchi. Crédit : Emmanuel Grynszpan

Le patron de RosGosTsirk Vadim Gagloïev a du faire face à de grande difficultés organisationnelles en raison des inondations foudroyantes qui ont frappé la ville de Sotchi la semaine précédent la cérémonie. « La mairie a su liquider très rapidement toute trace de dégâts et nous a fortement soutenu Master. C’est pourquoi je suis certain que nous allons continuer à développer la cérémonie de récompense chaque année dans cette ville ». L’autre défi majeur était de convaincre les artistes étrangers de se rendre en Russie en dépit du climat international tendu. « Le monde du cirque se situe en dehors de la politique. Les collègues étrangers ont fait preuve d’une solidarité extraordinaire, et je tiens à les en remercier », a expliqué Gagloïev à RBTH. 

Loin de se sentir en rivalité avec le festival de Sotchi, Urs Pilz a mis toute son énergie et ses relations en œuvre pour aider la première édition. « Je suis très admiratif du cirque russe. Ses particularités sont multiples : d’abord il existe un réseau beaucoup plus dense qu’ailleurs d’écoles de cirque. Ensuite, elles sont d’un excellent niveau. Sur le plan esthétique, le cirque russe se distingue par la grâce des artistes, qui ont tous une base technique fondée sur le ballet. Vous ne voyez cela nulle part ailleurs »

Clio Togni s’est dit émerveillée également par le talent des artistes russes qu’elle a côtoyé au cours du festival. « Le cirque russe est mal connu en Europe, et Master va contribuer à changer la situation. J’ai été très surprise d’apprendre qu’il existe de nombreux cirques en « dur » [c’est à dire des bâtiments dédiés au cirque, par opposition aux chapiteaux démontables, NDR]. Cela n’existe dans aucun autre pays ».

En marge du festival, une compétition dédiée aux jeunes talents de l’ex-URSS baptisée « Master OK » a dévoilé le potentiel du cirque de demain. Durant trois journées, des centaines de jeunes de 10 à 18 ans ont virevolté sur la scène du théâtre d’été de Sotchi, dans des numéros qui ont beaucoup impressionnés leurs aînés. Les prochaines éditions de Master seront certainement encore plus disputées et les invités étrangers auront du fil à retordre pour résister à la montée en puissance du cirque russe !

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