Comment l’e-book a bouleversé les bibliothèques de Russie

L’intérêt des lecteurs pour les e-books est passé de 9 % à 17 %, tandis que seulement 47 % des lecteurs utilisent les livres en papier contre 62 % il y a quatre ans. Source : Service de presse

L’intérêt des lecteurs pour les e-books est passé de 9 % à 17 %, tandis que seulement 47 % des lecteurs utilisent les livres en papier contre 62 % il y a quatre ans. Source : Service de presse

Alors que les e-books prospèrent dans les régions, RBTH examine comment les formats digitaux aident les bibliothèques à élargir l’accès à la littérature.

A travers le monde, le livre en papier est en perde de vitesse, les lecteurs privilégiant les e-books. Un sondage récent de l’institut VTsIOM démontre que les Russes suivent la tendance globale, car l’intérêt des lecteurs pour les e-books est passé de 9 % à 17 %, tandis que seulement 47 % des lecteurs utilisent les livres en papier contre 62 % il y a quatre ans. Quelles conséquences pour les bibliothèques russes ?

Les nouvelles technologies des bibliothèques  

Le même sondage montre que les bibliothèques sont en train de perdre des visiteurs. Environ 63 % des personnes interrogées n’ont pas fréquenté de bibliothèques depuis deux ans, et ont indiqué que les bibliothèques seraient plus attractives si elles proposaient un accès aux e-books ou des salles de lecture avec des ordinateurs dotés d’une connexion réseau.

Néanmoins, des mutations sont d’ores et déjà visibles à Moscou et Saint-Pétersbourg. Les bibliothèques deviennent plus modernes, les lecteurs ont désormais la possibilité de télécharger des livres en ligne. Tandis que les évènements dédiés à la lecture et à la littérature permettent de susciter l’intérêt des gens et de faire de la lecture une activité quotidienne.

Par le passé, la situation dans les régions était peu réjouissante. Cependant, dans le cadre de l’Année de la littérature, plusieurs projets novateurs sont en cours pour promouvoir la lecture. RBTH a choisi des exemples d’activités régionales qui cherchent à faciliter l’accès aux livres. 

Lecture dans les régions à l’ère digitale

Rayonnages de livres virtuels à Samara

Plusieurs arrêts de bus de Samara ont été équipés de « rayonnages de livres virtuels ». Désormais, tous les habitants peuvent télécharger un livre et le lire sur tablette ou smartphone en attendant le bus. La collection comprend des livres pour enfants, de la littérature classique, des romans policiers, de la poésie, des livres en langues étrangères et des œuvres d’auteurs contemporains.

Les livres peuvent être téléchargés en scannant le code QR sur le dos du livre. La fonctionnalité est disponible pour les utilisateurs iOS, Android et Windows disposant d’un accès à internet.

Bibliothèque automatisée de Nijni-Novgorod

La bibliothèque centrale Fédor Dostoïevski de Nijni-Novgorod a lancé un programme de modernisation en achetant 10 000 étiquettes RFID pour identifier les livres et en installant trois postes de bibliothécaire universels.

Un programme informatique est désormais en mesure d’abonner un lecteur et d’indiquer la période de délivrance d’un livre en quelques secondes en analysant un tas de cinq ou sept livres différents placés sur une surface spéciale. Les étiquettes sont également utilisées avec des terminaux mobiles spéciaux pour réaliser des inventaires.

Un terminal est capable d’inventorier 50 000 livres par jour, tandis que les bibliothécaires permettent d’animer des activités récréatives comme des concours ou des rencontres avec des écrivains. 

Le programme de modernisation des bibliothèques de Nijni-Novgorod va se porusuivre. La ville prévoit de moderniser une dizaine de bibliothèques d’ici 2022.   

Bibliothèque prometteuse à Arkhangelsk

La bibliothèque régionale Nikolaï Dobrolubov d’Arkhangelsk a commencé la digitalisation en introduisant la technologie de codage RFID, ce qui a permis de lancer le traitement automatisé, et les lecteurs peuvent désormais emprunter et restituer les livres sans implication des bibliothécaires. Les visiteurs ont tout de suite remarqué les changements positifs qui permettent de réduire la durée de traitement et de vérifier le statut des livres en ligne. 

Cette technologie prometteuse assure la sécurité des fonds bibliothécaires, facilite l’inventaire et la collecte des statistiques d’usage.

“Les nouvelles technologies sont une priorité pour la bibliothèque, a indiqué Veronica Yanichek, ministre de la culture de la région d’Arkhangelsk. Cela permet d’améliorer le service et contribue à créer un espace culturel contemporain dans la bibliothèque”.

Bibliothèque en plein air de Tcheboksary

Les habitants de Tcheboksary ont été surpris et ravis de voir apparaître une bibliothèque en ligne à ciel ouvert. Installée dans un des squares de la ville, il s’agit de cabines à livres pouvant être téléchargés via un code QR. 200 livres électroniques y figuraient, y compris une collection unique de publications dédiées à la deuxième Guerre mondiale. La bibliothèque proposait aux lecteurs un moyen pratique d’explorer des œuvres littéraires célèbres.

Le projet va se développer : les cabines seront prochainement installées dans les parcs, et la collection de livres sera élargie.

Bibliothèque deux-en-une à Riajsk

Les nouvelles technologies arrivent aussi dans de petites villes russes. Un projet socio-éducatif novateur a été lancé à Riajsk, une petite ville située près de Riazan comptant 21 700 habitants.

La bibliothèque centrale a installé un rayon à livres virtuels à côté des rayons à livres en papier. Tous les visiteurs peuvent télécharger gratuitement la littérature classique russe et étrangère sur leurs portables, avec 80 e-books disponible en ce moment. 

Dans un monde en mutation  sous l’influence des nouvelles technologies, les bibliothèques à travers la Russie constatent la nécessité de proposer des méthodes de lecture qui correspondent aux nouveaux styles de vie. Des projets qui se sont montrés capables de saisir à nouveau l’imagination des lecteurs par la lecture, en les détournant des réseaux sociaux et des vidéos.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.