Valeri Guerguiev : « J'espère révéler des talents pour les années à venir »

Valeri Guerguiev, coprésident du comité d’organisation du concours Tchaïkovski. Crédit : EPA

Valeri Guerguiev, coprésident du comité d’organisation du concours Tchaïkovski. Crédit : EPA

Le célèbre concours musical international Tchaïkovski s’est ouvert lundi dernier dans la Grande Salle du conservatoire de Moscou. Le chef d’orchestre Valeri Guerguiev, coprésident du comité d’organisation, nous explique ce qui nous attend lors de cette XVème édition du prestigieux concours.

Cette année et pour la première fois de son histoire, le concours Tchaïkovski n’a pas débuté par un premier tour mais par des auditions préliminaires. Pourquoi une telle innovation ? 

Valeri Guerguiev : Nous avons décidé de procéder de la sorte car seule une performance en direct permet de se faire une impression évocatrice d’un musicien. Le résultat des sélections dans la catégorie « piano » est d’ores et déjà clair : le niveau du concours sera très élevé. Nous avons introduit le règlement suivant à l’attention du jury : le vote se fera sur la base d’un système « oui-non » : les candidats qui recevront un minimum de deux voix sur quatre accéderont au premier tour. Parmi les pianistes, le niveau est si élevé que 36 compétiteurs au lieu de 30 sont passés au premier tour.             

La principale réalisation du concours précédent s’est avéré être les tournées des vainqueurs. Le concours s’est pour la première fois fixé un objectif concret : trouver des artistes pour les scènes de concert. Quels sont les résultats ?    

V.G.: La quasi-totalité des finalistes de l’édition précédente du concours se sont produits avec moi non seulement à Saint-Pétersbourg, à Moscou, en Russie, mais aussi à l’étranger. C’est également ce que nous envisageons dans le sillage de ce concours. Le vainqueur du Grand Prix obtiendra naturellement davantage d’opportunités que les autres lauréats. Mais cela ne veut pas dire que ces derniers n’intéresseront personne.

Deux tiers des participants sont des représentants de l’école russe de piano. Compte tenu  du climat politique dans le monde et en Russie, la situation du concours diffère-t-elle de l’année 2011 ?

V.G.: Nous ne forçons personne à participer au concours. Notre réputation au niveau mondial reste - du moins je l’espère - non seulement élevée, mais a grandi au cours des quatre dernières années, les vainqueurs de l’édition précédente du concours se sont produits avec succès lors de nombreux concerts et festivals à travers le monde. En ce qui concerne les pays, parmi les pianistes, des concurrents venus d’Europe, d’Asie et d’Amérique sont passés au premier tour.

Le concours est désormais dirigé par un nouveau manager, l'allemand Peter Grote. Le choix de cette personnalité était important pour l'organisation du concours, ou bien pour son image au sein de la communauté internationale des musiciens ?

V.G.: La réputation du concours dépend du travail de chacun d'entre nous. Peter Grote est le responsable artistique du XVème concours et son travail est dans l'ensemble étroitement lié à celui du comité d'organisation. Nous avons une grande équipe de professionnels, responsable du transport et du respect des horaires, des relations avec les membres du jury, des orchestres, des ensembles et des locaux que nous utilisons. C'est une lourde tâche que nous accomplissons main dans la main.

L'édition précédente a été marquée par une percée technologique : une retransmission de haute qualité sur Internet qui a eu beaucoup d'échos à travers le monde. La retransmission en ligne sera cette fois assurée par la chaîne française Medici. Quelles raisons ont présidé à ce choix ?

V.G.: L’expérience précédente était excellente à bien des égards, mais Medici, ce sont des professionnels réputés en Europe et en Amérique. Six mois plus tôt, ils ont filmé le concert de l'orchestre Marinsky au Carnegie Hall. Nous travaillons avec eux à Verbier et à Annecy. Ils ont une grande expérience, et nous également. Le théâtre Marinsky dispose de son propre système de diffusion sur Internet. Nos spécialistes travaillent de longue date avec Medici et le français collabore désormais avec le comité d'organisation du concours Tchaïkovski.     

Quelles sont vos attentes vis-à-vis du prochain concours, un nouvel artiste couronné par le Grand Prix ?

V.G.: J'espère grandement que ce concours permettra de découvrir toute une pléiade de jeunes talents d'un point de vue à la fois créatif et personnel. Et j'espère qu'il s'agira de découvertes pour les années à venir, et non pas pour seulement une heure. Personnellement, je ressens une émotion toute particulière, car lorsque j'étais encore un jeune chef d'orchestre en 1988, j'ai fait découvrir au public londonien les tout jeunes Evguéni Kissine et Vadim Repine. Presque trente ans se sont écoulés depuis ce moment, mais je garde jusqu'à ce jour le sentiment d'avoir vécu un miracle. C'est pourquoi il me semble indispensable, intéressant et captivant de découvrir de nouveaux jeunes talents.  

Version abrégée. Texte intégral publié sur le site de Rossiyskaya Gazeta

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