Le Festival du cinéma russe à Honfleur suit le rythme de la jeune génération des cinéastes

Cadre d'"Un film sur Alexeev" Source : kinopoisk.ru

Cadre d'"Un film sur Alexeev" Source : kinopoisk.ru

La ville de Honfleur s’apprête à accueillir la 22ème édition du Festival du cinéma russe qui aura lieu du 25 au 30 novembre.

Le festival du cinéma russe à Honfleur est un événement incontournable pour tous ceux qui connaissent, apprécient ou découvrent l’art cinématographique russe d'hier et d'aujourd'hui. Cette année, une place importante y sera accordée à une toute nouvelle génération de cinéastes : trois des huit films en compétition sont des premiers longs-métrages des jeunes réalisateurs. Ils seront présentés à un jury présidé par l’acteur, réalisateur et scénariste Vincent Pérez.

RBTH vous propose en exclusivité une sélection de sept films, choisis dans le programme du festival.

Un film sur Alexeev de Mikhaïl Segal (2014)  

En compétition

Source : kinopoisk.ru

Alexeev, vieil homme solitaire et oublié de tous, finissant ses jours dans un bled paumé, tombe dans l'épicentre des événements, qui le renvoient plusieurs décennies en arrière. Il apprend alors sur lui-même plus qu'il ne savait et ne pouvait imaginer : sur son talent, son amour, sur le rôle qu’il a joué dans les destins des autres. En suivant les souvenirs du personnage, le spectateur est plongé dans l’atmosphère du “dégel” des années 1960. Il se retrouve sur le plateau de tournage avec Tarkovski, sur la scène du théâtre Sovremennik, au festivals des auteurs-compositeurs. Alexeev est convoqué par le KGB à cause de Gagarine, il rivalise avec Kalachnikov et Vysotsky. Ce n’est surtout pas le passé documentaire, mais l’image du monde soviétique, qui a survécu dans la mémoire des gens. Une sorte de carte postale du passé et un rappel que la vie donne nous donne tous beaucoup de chances, mais souvent nous nous en rendons compte trop tard.

Comment je m’appelle de Niguina Saïfoullaeva (2014)

En compétition, premier film

Source : kinopoisk.ru

Olya et Sacha, deux adolescentes de 17 ans, arrivent en Crimée pour faire connaissance avec le père d'Olya, Sergei, qu’elle rêvait de retrouver depuis des années. Celui-ci vit depuis toujours dans un petit bourg au bord de la mer, et n'a jamais vu sa fille unique. Devant la clôture de la maison de Sergei, Olya est prise d'angoisse et décide de repartir. Pour aider son amie, Sacha prend l’initiative, franchit la porte et se présente comme la fille de Sergei. Le père s’est révélé étonnamment accueillant. Il reçoit chaleureusement sa fille et tente de rattraper le temps perdu ce qui rend sa vraie fille jalouse. D'abord amusant, le jeu innocent des deux amies tourne au drame et bouleverse la vie de tous ses acteurs. Le rôle du père est interprété par Konstantin Lavronenko (Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2007 pour sa performance dans « Le bannissement » d'Andreï Zviaguintsev).

N/B de Evgueni Cheliakine (2014)

En compétition, premier film

Source : kinopoisk.ru

Yaroslav, jeune nationaliste russe, et Nurik, voyou du Caucase, tombent l'un sur l'autre dans le club de leur ennemi mutuel. Nurik meurt dans le combat. Quand Yaroslav reprend connaissance, il est sur un bateau, face à Nurik revenu sur terre pour être… son ange gardien. Commence un road-movie plein de péripéties, où les héros sont poursuivis par le patron du club, à qui Nurik a dérobé un objet très précieux. Ensemble, ils ont moins de cinq jours pour faire un parcours géographique et spirituel qui les aide à comprendre et accepter l'autre, de repenser leur vision de la vie. Un kaléidoscope de personnages et des événements qui se suivent illustrent parfaitement les différents aspects du problème de nationalisme dans la société russe et aident les héros à attendre le bonheur, la paix intérieure et l'amour. 

Le Bannissement d’Andreï Zviaguintsev (2007)

Retrospective : hommage à Andreï Zviaguintsev

Source : kinopoisk.ru

Alexandre (Konstantin Lavronenko, Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2007), sa femme Vera (Maria Bonnevie) et leurs deux enfants quittent une cité industrielle pour la campagne d'où est originaire le mari et s'installent dans la vieille maison du père de celui-ci. La famille commence à s'approprier son nouvel environnement, lorsque la femme annonce à son mari qu’elle est enceinte et que l’enfant n’est pas de lui. Alexandre est en colère, il est perturbé. Il demande conseil à son frère Mark, un personnage avec un passée sombre. Après avoir beaucoup réfléchi, Alexander envoie les enfants chez des amis dans un village voisin, et reçoit chez lui Mark qui amène deux personnes douteuses. La décision prise par le protagoniste se révèle désastreuse. L’action se déroulant dans un endroit abstrait, dans le passé qu’on ne peut pas définir exactement, la nationalité des personnages n’étant pas tout à fait clair, ce film se présente comme une métaphore, une parabole sur un homme qui condamne lui-même au bannissement.

Jean-Paul II, un Saint, un Homme d'Andrea Porporati (Italie, 2014)

Projection spéciale

Source : kinopoisk.ru

Ce film, produit pour la télévision italienne, est une adaptation du livre biographique de Lino Zani Era santo, era uomo qui raconte l’histoire d’une amitié entre le jeune alpiniste et moniteur de ski et le Pape Jean Paul II. Cette amitié dura 21 ans, de la tentative d'assassinat du 13 mai 1981 à la mort du Pape en 2005. C’est surtout de la vie “civile” de Karol Wojtyla, de ces rapports avec la famille de Lino Zani, des évasions du Pape dans les montagnes pour la méditation, la pratique de ski ou le repos que le film parle. Le caractère du personnage se dévoile sur le fond des épisodes sur la vie privée, les rêves, la maturation de Lino Zani qui a eu la chance d’avoir pour père spirituel Jean-Paul II. Le rôle de Karol Wojtyla a été confié à l’acteur russe Aleksei Guskov, connu en France pour ses films Le Concert (2009), 4 Jours en mai (2011), La Soif (2013).  

Neuf jours et un matin de Vera Storozheva (2014)

Projection spéciale

Source : kinopoisk.ru

Anna, ancienne pensionnaire de l'orphelinat, arrive dans la ville de province russe où elle a passé ses premières années avant d’être adoptée par un couple français. Anna a fait carrière, elle est maintenant top model et s'occupe d'une association caritative d'une grande firme cosmétique. Lors d'une fête donnée à l'orphelinat Anna rencontre Liouba qui est boiteuse et travaille aux bains. Elle aussi vient d'un orphelinat, sa mère ayant péri dans un incendie. En réalité, ce sont des sœurs, qui ignoraient l'existence de l'autre. Durant les neuf jours passés dans ça ville natale, Anna rencontre beaucoup de personnes, découvre une autre mode d’existence par rapport au sien et réfléchie à sa vie. Sans avoir vraiment trouvé la fusion émotionnelle avec sa sœurs, sans avoir accompli le miracle qu’on attendait d’elle, Anna reparte, laissant cette ville avec ses paysages magnifiques et apaisants (le tournage s’est déroulé à Rostov-le-Grand), suivre son chemin.

Le rôle principal est interprété par une actrice russe vivant en France Anna Sherbinina.

Le pays des enfants sages de Olga Kaptour (2014)

Programme “Jeune public”

Source : kinopoisk.ru

Les parents de la petite Sasha, qui manque de discipline, font un vœu lors du réveillon de Nouvel An, celui de recevoir une fille sage à la place de leur fille coquine. Le vœu est exaucé et Sacha est envoyé par magie dans un Pays des enfants sages pour être rééduquée. Le pays est gouverné par une reine stricte et son représentant plénipotentiaire encore plus stricte, la vie y est soumise à des règles trop rigides. Pour retourner à la maison de ses parents, Sasha devra passer par des aventures incroyables et surmonter de nombreuses épreuves. Heureusement, elle a à ses cotés ses amis fidèles : le chien Balbes et le chat Baguette. Ce premier long-métrage de la réalisatrice Olga Kaptour est une belle occasion de se retrouver en famille devant le grand écran.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.