Une guerre oubliée

Crédit : Olessia Kourpiaeva/RG

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Cette année le monde entier commémore le 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale. Pour marquer la date, le Musée des arts décoratifs de Moscou a organisé l'exposition Témoins de la Grande Guerre.

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Grâce à de nombreuses photos magnifiques, issues de collections privées, l'exposition permet aux visiteurs de se plonger dans l'époque des premiers jours de la Grande Guerre. Voilà par exemple l'empereur Nicolas II qui annonce l'entrée en guerre officielle de la Russie devant une foule rassemblée près du palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg. Les gens sont inquiets : ils ne comprennent pas encore ce qui les attend.

La plupart des photos sont des portraits. On reconnaît parmi les visages des personnalités célèbres, par exemple, Nicolas II, le grand-duc Nicolas Nikolaïevitch, le général Alexeï Broussilov... Mais la majorité d'entre eux sont des gens ordinaires, des centaines de soldats et d'officiers russes, les héros anonymes d'une guerre largement oubliée.

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Contrairement aux autres périodes de l'histoire russe – notamment, la révolution, la guerre civile et la Seconde Guerre mondiale, l'époque de la Grande Guerre est très peu étudiée en Russie. « J'ai réussi à trouver les noms de seulement cinq pour cent des gens présents sur les photos », dit le commissaire de l'exposition Andreï Stroganov. « Mais nous pouvons au moins les regarder dans les yeux – les yeux des gens qui allaient mourir ».

Durant les premiers mois de la Grande Guerre, la Russie a connu une véritable vague de patriotisme. Les citoyens participaient très activement à l'effort de guerre. L'exposition présente de nombreuses affiches incitant à l'achat d'obligations de guerre. La Russie a commencé à émettre ces obligations en 1915 ; leur taux d'intérêt se chiffrait habituellement à 5%. En 1916, le système financier du pays était épuisé, et l'émission des obligations a énormément augmenté. Toutefois, les citoyens n'ont pas réussi à récupérer leur argent : après la révolution de 1917, les bolchéviks ont refusé de payer les « dettes du Tsar ». 

Outre les photos et les affiches, les visiteurs de l'exposition peuvent voir des magazines de l'époque. La presse contemporaine se moquait des fonctionnaires corrompus qui profitaient des contrats de guerre. « Les guerres commencent toujours parce que quelqu'un veut en profiter », estime M. Stroganov. « Mais cela n'annule pas l'héroïsme des gens ordinaires. Si vous devenez un volontaire, vous avez déjà accompli un exploit ; et celui qui a été grièvement blessé devient un héros ».

D'après le commissaire, le ministère russe de la Culture envisage d'organiser une série entière d'expositions consacrées aux moments héroïques de l'histoire du pays. Ainsi, en mai, le musée accueillera une exhibition portant sur la Seconde Guerre mondiale, avec des véritables blindés de l'époque.

L'exposition durera jusqu'au 25 mai. Le Musée des arts décoratifs de Moscou se trouve rue Délégatskaïa, 3.

Bientôt sur les écrans

le film Escadron de la mort, consacré à un détachement de femmes russes volontaires participant à la Première Guerre mondiale. Le tournage vient de se terminer à Saint-Pétersbourg. Le film est réalisé par le célèbre réalisateur Dmitri Meskhiev et le producteur Igor Ougolnikov, l'un des auteurs du film Forteresse de Brest, qui porte sur l'invasion des forces nazis à l'URSS. C'est pendant le tournage de Forteresse, que M.Ougolnikov, selon ses propres dires, a eu l'idée de réaliser un film sur la Grande Guerre, la guerre oubliée.

 

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