Des crêpes françaises à Moscou !

Tous les week-ends, familles, amis, amoureux, ou encore promeneurs solitaires dégustent les crêpes françaises devant le mini chalet des deux compères. Crédit : Crédit photo : Elena Potchetova

Tous les week-ends, familles, amis, amoureux, ou encore promeneurs solitaires dégustent les crêpes françaises devant le mini chalet des deux compères. Crédit : Crédit photo : Elena Potchetova

Ambiance conviviale, musique, produits et accent français : le VJ Café, un coin de France au Jardin de l'Ermitage.

Il y a un peu plus d'un an, Jonathan Belpeer et Vincent Demiaux débarquaient à Moscou, un peu au hasard, sans parler un mot de russe. Les deux Français se lancent alors à l'aventure, dans l'espoir de conquérir Moscou, mais sont rapidement confrontés aux autorités.

« Au début, on distribuait simplement des crêpes aux passants, rue 1905 Goda, pour essayer d'apprendre le russe et de créer des contacts, car c'est la seule façon de pouvoir travailler à Moscou. L'argent n'était pas le but premier, les gens nous donnaient ce qu'ils voulaient s'ils avaient apprécié. Mais les autorités  ne voyaient pas ça du même œil, et au bout du troisième jour, nous avons été arrêtés », raconte Vincent Demiaux. Une aubaine pour les deux expatriés, car les journalistes s'intéressent à l'affaire, et le département de la Сulture du gouvernement de Moscou et son directeur Sergueï Kapkov en personne les défend, en leur attribuant un emplacement au Jardin de l'Ermitage . « Notre arrestation a  finalement été bénéfique puisqu'elle nous a permis de nous faire connaître et de travailler en toute légalité », ajoute-t-il.

Vincent Demiaux Crédit : Émilie Pouzat

Malgré tout, les deux expatriés rentrent régulièrement dans leur pays d'origine pour mettre à jour leurs visas, et en profitent pour ramener les produits français tant appréciés des Russes.


Aujourd'hui, l'aventure continue avec des nouveautés. En plus des crêpes, Jonathan et Vincent proposent maintenant des galettes de sarrasin, des gaufres, du caramel au beurre salé et diverses boissons, le tout made in France ! Le concept reste le même : « payez ce que vous voulez », une méthode à laquelle les Russes sont peu habitués, mais qui fait ses preuves. « Certains clients donnent beaucoup plus que ce qu'ils payeraient dans un restaurant. Cela permet aux personnes les plus défavorisées et aux enfants de manger presque gratuitement et tout le monde y trouve son compte », explique Jonathan Belpeer. 
Les deux amis ne regrettent en rien leur expérience, apprécient la vie en Russie et la compagnie des Moscovites. « Moscou, c'est fou ! L'atmosphère est géniale, et les Russes, contrairement aux idées reçues sont modernes, vont de l'avant. Les gens sont très sympathiques, pas forcément au premier abord mais quand on creuse, on trouve une vraie générosité ! », s'est exclamé Vincent. C'est pourquoi le duo met un point d'honneur à bien servir le client, lui accorder de l'attention et respecter les traditions françaises.

Et ça marche ! Tous les week-ends, familles, amis, amoureux, ou encore promeneurs solitaires dégustent les crêpes françaises devant le mini chalet des deux compères. Dans la file d'attente on retrouve en majorité des Russes à la découverte des coutumes françaises. « Notre accent les amuse, ils adorent la France, sa culture et sa gastronomie. Il y a beaucoup d'avantages à être Français à Moscou, c'est grâce à cette particularité qu'on s'est fait un nom. Les clients nous voient un peu comme des originaux, des aventuriers », précise-t-il.

Selon Jonathan, « La principale différence culturelle entre les Russes et les Français, c'est le rapport à l'argent. Les Russes sont beaucoup plus généreux, et sont de gros consommateurs ! »

Jusque là, Vincent et Jonathan cumulaient des emplois, dans la restauration ou encore le mannequinat pour vivre confortablement, mais désormais les deux Français visent plus haut, et comptent ouvrir d'autres stands aux quatre coins de Moscou. Le jeune Vincent, 26 ans, vit en colocation avec son frère et un ami, et profite de tout ce que peut offrir « la ville qui ne dort jamais ». Quant à Jonathan, 29 ans et plein d'ambition, il partage sa vie avec une jeune Moscovite qui donne un coup de main aux garçons à l'occasion.

Jonathan Belpeer. Crédit photo : Elena Potchetova

« J'aime la France, et j'aimerais pouvoir y vivre, mais là-bas, il y a trop peu d'opportunités de travail, on n'a même pas la chance de faire nos preuves. J'ai le sentiment d'avoir une revanche à prendre et je veux faire partie des gens qui réussissent à l'étranger ! », nous confie ce dernier.

En effet, le « rêve russe » se réalise. Dans les semaines qui arrivent, ouvrira une crêperie bretonne dans un club aux allures d'hôtel particulier parisien, en plein cœur de la ville, à quelques pas de la station de métro Loubianka.

Testé et approuvé ! Passage obligé pour les expatriés français et tous les amateurs de gastronomie française.

 

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