Les « villes éteintes » de Thierry Cohen exposées à Moscou

Thierry Cohen New York, 40° 42’ 16’’ N Source : Danziger Gallery & Esther Woerdehoff Gallery

Thierry Cohen New York, 40° 42’ 16’’ N Source : Danziger Gallery & Esther Woerdehoff Gallery

Le vendredi 11 avril, le photographe français Thierry Cohen a présenté à Moscou son projet anti-pollution lumineuse.

Thierry Cohen New York, 40° 42’ 16’’ N Source : Danziger Gallery & Esther Woerdehoff Gallery

Dans la salle d'exposition obscure une silhouette d'un homme grand. Il explique quelque chose à un caméraman. L'homme s'appelle Thierry Cohen, il est photographe français et il est venu à Moscou pour inaugurer son exposition « Villes éteintes » à la galerie de la Fondation « Ekaterina ».

Les premiers visiteurs, principalement des journalistes, s'approchent des photos, le nez touchant presque le mur, pour pouvoir lire les légendes. Les plus astucieux se servent de lampes de poche sur leurs iPhones. Sauf les photos éclairées par de petits projecteurs on ne voit rien. Les œuvres sont exposées dans le noir quasi-total pour que l’idée du photographe soit encore plus claire : l’abus de la lumière artificielle cache la beauté du ciel étoilé et crée des nuisances lumineuses. Les photos montrent les grandes mégalopoles comme New York, Shanghai ou Paris éclairés par les étoiles, sans aucune lumière artificielle.

 Shanghai

Thierry Cohen Shanghai, 31° 14’ 39’’ N

 Rio de Janeiro

Thierry Cohen, Rio de Janeiro, 22° 56’ 42’’ S

Mais comment faire éteindre New York, Paris ou encore Tokyo ? « Éteindre la lumière est facile parce que j’ai beaucoup d’acquaintance politique », plaisante Thierry Cohen. Pourtant, sa technique est plus compliquée que ça.

En réalité, les villes ont été prises en photo le jour mais pour les transformer en « villes éteintes » le photographe a dû beaucoup voyager dans des zones exemptes de la pollution lumineuse. Il est allé au désert de Mojave aux États-Unis, au désert d’Atacama au Chili, dans les steppes mongoliennes et dans beaucoup d’autres endroits où il a capturé des images des ciels étoilés pour les superposer ensuite sur les ciels des villes.

« Je vais chercher les ciels à la même latitude que les villes parce que je sais qu’en travaillant rigoureusement dans les mêmes axes je vais avoir les mêmes ciels », explique le photographe.

Outre l’aspect esthétique c’est encore le problème des ressources énergétiques qui intéresse Thierry Cohen. « Je ne suis pas en train de dire qu’il faut éteindre des villes, c’est juste la façon de sensibiliser les gens à la consommation énergétique, dit-il. Il y a une zone dans le monde qui est absolument époustouflante. C’est le nord de l’Europe, toute la partie de Hollande, de Belgique en particulier parce qu’ils éclairent les autoroutes la nuit et ça crée un mal ultra-puissant ».

À Moscou non plus on ne voit pas les étoiles. « J’ai vu deux étoiles hier soir, confie le photographe. J’ai vu les étoiles qui étaient au-dessus du Kremlin ». Il éclate de rire.

« Je suis intéressé par prendre des photographies de Moscou, poursuit-il redevenu sérieux. Je cherche des zones qui soient à la même latitude que Moscou et qui soient éteintes ».

L’exposition « Villes éteintes » de Thierry Cohen est organisée dans le cadre de la Photobiennale 2014 de Moscou et sera ouverte jusqu’au 5 mai 2014 à la galérie de la Fondation « Ekaterina » (21/5 rue Kouznetski most, Moscou).

 

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