Toutes les littératures russes au Salon du livre de Paris

Source : Service de presse

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Jeunes pousses et grands noms de la littérature russe seront au grand rendez-vous de l’édition mondiale à la Porte de Versailles (21-25 mars), où la traduction sera notamment à l’honneur.

Pouchkine en son temps avait déjà reconnu l’importance des traducteurs, ces « chevaux de poste de l’instruction ». Il est donc naturel que le stand R50, celui de la Russie au prochain Salon du livre de Paris, soit cette année animé par le jeune Institut de la Traduction de Moscou.

Autour de ce stand sont prévues des rencontres avec les espoirs de la littérature russe contemporaine, avec des auteurs confirmés et des représentants des éditions jeunesse, ainsi qu’une présentation des programmes de soutien à la traduction dont bénéficient les éditeurs français.

Dans le sillage des grandes classiques, une littérature renouvelée

 « Tolstoï, Dostoïevski, Tchekhov… Aucun des ces écrivains n’a d’égal dans la littérature russe contemporaine. Et c’est normal : elle a changé », commence par expliquer Evgeny Rezni­tchenko, directeur exécutif de l’Institut de la Traduction. 

« Les classiques du XIXème siècle écrivaient de véritables encyclopédies de la vie russe tandis que les écrivains d’aujourd’hui sont davantage centrés sur leur vie et leur expérience propres. Pour recréer une ‘encyclopédie’ cohérente, il faut réunir et traduire tous ces auteurs si divers », résume-t-il.

Tous Russes, tous différents

 Cette diversité sera représentée au Salon du Livre. Avec Marina Stepnova notamment, qui s’est affranchie des cadres de la prose traditionnelle dans son roman Les femmes de Lazare ; ou Elizabeth Alexandrova-Zorina, « qui évoque les questions traditionnelles des femmes avec son sens aigu de la compassion pour les petites gens ».

Sera également présent Sergueï Belyakov, « qui a réussi à raconter d`une manière fascinante l’histoire tragique de la vie d`un scientifique, Lev Goumilev, fils d’Anna Akhmatova et Nikolaï Goumilev »

D’autres écrivains comme Andreï Dmitriev, Andreï Volos, Sergueï Sedov, Vladislav Artemov, et Roman Sentchine – « auteur de romans familiaux traditionnels avec des touches de modernité » – illustrent eux aussi cette variété qui se veut au cœur de la présence russe au Salon du livre. 

Evgeny Reznitchenko ne cesse d’insister sur ce thème : « Vous voyez, avec une simple liste, on se rend déjà compte de la diversité de nos auteurs en termes artistiques et littéraires. Sans parler des opinions politiques de tous ces écrivains, toutes différentes les unes des autres. Les rencontres avec nos auteurs seront donc intéressantes pour les lecteurs étrangers aussi bien en termes littéraires que parce que ces auteurs participent activement à la vie de la Russie contemporaine ».

Sans traducteurs, pas de littérature mondiale

 L’Institut de la Traduction, créé en 2011 sous la tutelle du directeur adjoint de l’Agence fédérale pour la presse et les médias en Russie, Vladimir Grigoriev, vise à promouvoir la littérature russe dans le monde et s’attache à soutenir les traducteurs et éditeurs étrangers œuvrant dans ce domaine. Il a ainsi mis en place différentes formes d’aides à l’intention des traducteurs ou des éditeurs, pour la traduction et la publication d’œuvres littéraires. 

« Le traducteur est un intermédiaire, voire un pilier de la littérature mondiale, et ce depuis les premières versions de la Bible en plusieurs langues », rappelle Evgeny Reznitchenko. 

Et de préciser : « Nous présenterons donc les nouvelles traductions d’auteurs classiques et contemporains en français, notamment des pièces de théâtre de Vladimir Maïakovski et des romans de Sergueï Lebedev et de Roman Sentchine ; les livres de Marina Stepnova et Elizabeth Alexandrova-Zorina, et les mémoires de Nadejda Mandelstam sur Anna Akhmatova. Nous mettrons aussi en avant des auteurs qui n’ont pas encore de traductions françaises avec l’espoir qu’ils trouveront un éditeur ».

Enfin, une attention spéciale a été portée à la littérature jeunesse cette année avec une présentation du catalogue de la littérature enfantine russe par Xenia Moldavskaya, et des lectures par Sergueï Sedov, auteur russe de « contes touchants et modernes ».

Des expositions et conférences, mais aussi des livres sur Kalachnikov et son invention

Quelques mètres plus loin, le stand S60 du Centre de la Russie pour la Science et la Culture à Paris accueillera une exposition documentaire sur le bicentenaire de la naissance du poète russe Mikhaïl Lermontov : il servira également de cadre à la présentation du prix littéraire « Russophonie », remis annuellement pour la meilleure traduction d’une œuvre russe en français.

Seront également présentés des livres d’Elisabeth Essaïan, Sophie Hasquenoph, Caroline Charron, Martine Bertho, Marina Tchebourkina, Geneviève Dispot et Kira Sapguir.

Notons par ailleurs une conférence intitulée « Fabergé, de la cour du tsar à l’exil », par Caroline Charron, ou encore une présentation des livres sur Mikhaïl Kalachnikov, l’inventeur de l’arme du même nom devenue (tristement) célèbre, l’AK-47, par Elena Joly.

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