A bicyclette !

A ce jour, Andreï possède 150 000 pièces dans sa collection : des vélos bien sûr, datant de 1860 aux années 2000, des pièces détachées. Crédit photo : Igor Roustak

A ce jour, Andreï possède 150 000 pièces dans sa collection : des vélos bien sûr, datant de 1860 aux années 2000, des pièces détachées. Crédit photo : Igor Roustak

André Miatiev, chercheur, collectionneur et grand amoureux des deux roues possède plus de 150 000 pièces uniques entreposées, pour le moment, dans des garages et des greniers.

L’idée du vélo-musée lui est apparue il y a 25 ans, quand en 1988, Andreï Miatiev tombe dans un casse sur un cadre de vélo allemand ancien et réussit à le reconstituer à partir de pièces retrouvées à droite à gauche.

A l’époque, il était membre de l’association des Dénicheurs d’automobiles et de motos anciennes.

« Une fois l’engin refait à neuf, je l’ai enfourché, tout fier, pour me rendre à l’asso. C’est alors que je me suis dit que beaucoup s’intéressent aux voitures anciennes ou aux motos, mais personne aux vélos, qui sont pourtant leurs ancêtres ! Il ne me restait plus qu’à m’installer dans cette niche », se souvient Andreï.

La collection

« La première bicyclette véritablement intéressante, je l’ai dégottée en 1988, elle m’a coûté 40 roubles. Elle avait été ramenée en Russie par un diplomate soviétique peu avant la guerre. Le diplomate fut arrêté par le NKVD, lors de la perquisition les agents ont crevé les pneus pour vérifier s’il n’y avait pas de documents secrets planqués dans la chambre à air. Il a été impossible de trouver des pneus qui convenaient et personne ne s’en ai servi depuis. J’ai donc récupéré cette pièce rare en assez bon état ».

Andreï avait l’habitude de tourner autour des datchas des fonctionnaires à la recherche des pièces pour sa collection, car le vélo en URSS était un plaisir réservé à l’élite.

« Souvent, en arrivant au magasin du village avec un vélo tout neuf, je repartais sur une bicyclette antidéluvienne, aimablement offerte par une gentille dame très distinguée mais non moins âgée. Avec en prime, le récit des balades de cette dame à bicyclette entourée de jeunes galants et, parfois, des clichés datant d’avant la révolution ».

Chaque nouvelle acquisition a sa propre histoire : certains deux roues sont achetés, d’autres offerts, certains mettent des années à être reconstitués pièce par pièce.

Une fois, Andreï a appris l’existence d’une pièce rare en papotant avec un papy à un arrêt de tramway.

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La parade historique en vélo

Le 9 juin 2013 dans le parc Sokolniki à Moscou se tiendra la Parade historique du vélo, qui regroupera des cycles datant des années 1860 au années 1990. Les participants devront eux aussi jouer le jeu et tenter de correspondre à l’image des cyclistes du siècle dernier.

« Il m’a raconté l’histoire d’un officier russe, Grigori, mort en 1918 dans une tempête à Ekaterinodar. Avant la guerre, il était cycliste, membre de l’Association des amateurs de vélo de Saint-Pétersbourg et roulait sur un vélo russe légendaire, le Rossiya. [Lorsque la révolution a éclaté, ndlr], en 1917, il est venu cacher les reliques de famille sous une bâtisse dans sa propriété, y compris son vélo. Je me rendais bien compte que mes chances de retrouver le vieux Rossiya étaient infimes, d’autant que leur propriété avait été détruite pendant la guerre. Le « trésor » avait bien été retrouvé. « Tu appelles ça un trésor ? De beaux fusils mais qui ne marchent même pas et une bécane rouillée. Tiens, elle est là dans les ronces, tu n’as qu’à la prendre. » Je n’y croyais pas ! C’est ainsi qu’un Rossiya, la première marque de vélo russe, est entré dans ma collection ».

La quête effrénée aux nouveaux deux roues a mené Andreï à participer à des fouilles archéologiques, aux déterrement de vestiges de guerre et des caves des immeubles détruits à Moscou, où se situait, dans les années 20, un garage à vélo.

Sans compter toutes les années de recherche des vélos de course anciens datant d’avant la révolution.

Le vélo-musée

A ce jour, Andreï possède 150 000 pièces dans sa collection : des vélos bien sûr, datant de 1860 aux années 2000, des pièces détachées (phares, sonnettes, numéros, etc.), les affaires personnelles des grands cyclistes, etc.

Il regroupe également la plus grosse documentation papier au monde sur le thème : documents divers, livres, revues, brochures et plus de 50 000 photographies de vélos.

La quasi totalité des 400 engins n’attendent plus qu’à être exposés à la vue du public. Or, en dépit des promesses des autorités, l’espace d’exposition permanent qui devrait faire office de musée se fait toujours attendre.

La collection est, pour le moment, toujours répartie dans des greniers et des garages et les pièces ne sont que rarement exposées lors de manifestation temporaires.

« J’organise des expos à thèmes sur les histoires de vélo depuis déjà de nombreuses années. J’ai donc l’expérience, une idée précise du concept pour le vélo-musée et des idées originales pour l’arrangement de l’espace », assure Andreï.

« Dans ma collection, on trouve des vélos de l’armée russe datant de 1910 qui ont participé à la fameuse offensive Broussilov en 1916, ont été ensuite utilisés par les messagers cyclistes pour transmettre les télégrammes lors des évènements d’octobre 1917, puis durant la guerre civile, servaient à la garde cycliste qu défendait le tout premier gouvernement soviétique et ont même participé à la guerre contre la Pologne en 1920. Tant d’évènements qui sont tous reliés par un dénominateur commun : le vélo ! »

Source : Moscovskie Novosti

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