Les flammes de Sibérie brûlent les planches

L'an passé, l'ensemble Ogonki a célébré son 45e anniversaire. Source : Service de presse

L'an passé, l'ensemble Ogonki a célébré son 45e anniversaire. Source : Service de presse

Capter l’âme d’un village, d’une rivière ou d’un paysage pour le danser : c’est le travail quotidien de l’ensemble Ogonki, originaire de l’Altaï. Rencontre avec Irina Menialina, sa chorégraphe.

« La danse classique vous dit : regardez ce beau rêve. Nous crions - vive la vie ! ». Pour Irina Menialina, chorégraphe principale de l’ensemble Ogonki, la danse traditionnelle n’est pas qu’une affaire de folklore.

Sur les planches, les danseurs incarnent l’âme de la Sibérie, de chaque villageois, perpétuent une tradition mais surtout racontent une terre et ses hommes.

Ogonki ? C’est le nom d’une fleur orange vif qui pousse au pied du massif de l’Altaï. Elle figure aujourd’hui parmi les espèces menacées.

« Plus vous consacrez de temps à ces danses de caractère russe, plus vous réalisez combien elles parlent de la vie même du peuple russe », souligne-t-elle. Pour Irina Menialina, c’est un art à part entière, basé sur une recherche intense de beauté et d’authenticité.

« Nous dansons toutes les danses de Sibérie : les danses lyriques, des soirées galantes, les danses du feu ou encore des chorégraphies incluant des sketchs humoristiques. Chaque danse esquisse la psychologie et la vie d’un village de Sibérie : nous devons donc faire des recherches personnelles sur les chansons, les histoires, les costumes, les pas, pour préserver l’âme originelle des hommes et des femmes de notre terre », précise-t-elle.

Les expéditions d’ethnographes dans l'Altaï sont pour Ogonki une ressource précieuse.

Les danseurs des JO de 1980, c’était eux

 Comme beaucoup, Irina Menialina a fait ses premiers pas de danse populaire à un âge précoce. 

« Les danses traditionnelles sont très populaires en Russie et sur le territoire de l’Altaï. À Barnaul, notre capitale, beaucoup d’enfants apprennent leurs premiers pas dès l’âge de 5 ou 6 ans : je ne fais pas exception ».

En 1970 la troupe d’Ogonki, qui a déjà trois ans, repère Irina Menialina et l’embauche. Une semaine plus tard, elle danse déjà dans sept numéros. 

« Pour moi c’était incroyable : j’allais danser dans toute la Russie, et même au Kremlin… », raconte-t-elle.

En 1980, Ogonki dansera pour l’ouverture et la fermeture des Jeux olympiques de Moscou. À l’exposition universelle de Malte en 1989, tous les représentants des autres pays les inviteront à danser autour de leur pavillon, séduits.

Séduits par quoi ? « La danse russe est toujours reconnaissable. Dès les premières mesures de balalaïka, quand la première artiste apparaît sur la scène, on comprend qu’il s’agit de la Russie. Les costumes, les coiffures, les techniques chorégraphiques – comme la prissiadka, exécutée les genoux pliés - créent une danse unique. La structure de nos drames a également un modèle propre avec son prologue, son apogée, sa fin et son épilogue », résume-t-elle.

Les 1er et 2 juin à Bruxelles

 Pour atteindre ce niveau, il faut s’entraîner. Dur. « Comme pour toutes les danses, il faut une formation sérieuse. Pas seulement pour intégrer les éléments techniques extrêmement complexes mais aussi parce qu’il s’agit d’une performance spéciale, où l’âme est inséparable des pas que l’on réalise. Notre répétiteur Sergueï Guerassimov aime répéter que la vie d’un danseur se résume à : encore une fois, et encore une fois, et encore une fois ».

Les 1er et 2 juin 2013, Ogonki se déplacera à Bruxelles dans le cadre du festival « Rendez-vous avec la Russie ».

« Les festivals internationaux sont une grande responsabilité car nous représentons notre pays. Cela stimule, évidemment, notre envie de progresser », conclut Irina Menialina.

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