Moscou n’est pas la « plaque tournante du graffiti », alors...

Kirill Stefanov. Source : Service de presse

Kirill Stefanov. Source : Service de presse

Rencontre avec Kirill Stefanov, artiste fondateur du groupe Zuk Club, après le passage des artistes moscovites dans la capitale française.

Vous revenez de Paris : les murs de Moscou sont trop petits ?

Nous voulions y aller depuis longtemps ! Et puis oui : à Moscou, le milieu du graffiti est tout petit, même si les murs sont gigantesques. La concurrence ne mise pas sur la qualité et on ne retrouve, sur les murs de la ville, que de pâles copies des graffitis européens et américains. C’est triste, et peu stimulant.

Justement, qu’avez-vous vu d’excitant à Paris ?

Ce qui est particulièrement intéressant dans les capitales européennes, c’est que le monde entier vient y « poser » ses œuvres. C’est d’ailleurs vrai pour l’art conventionnel aussi. Sur les murs de Paris, on retrouve des fresques des fondateurs du graffiti américain, comme Seen, aussi bien que des œuvres de jeunes débutants.

On sent que ça fourmille, que les idées fusent. Bien sûr, tout n’est pas bon mais on constate une vraie envie d’innover. Je pense que Moscou n’est pas encore cette plaque tournante du graffiti mondial.

Vous avez rencontré des graffeurs français ?

Oui et là aussi, tout est assez différent. À Moscou chacun est dans son coin, peignant pour soi-même. À Paris, nous avons passé le week-end sur un grand terrain où des dizaines de graffeurs étaient réunis pour peindre.

Tout le monde se connaissait, parlait de graffiti et de sa dernière cuite… Nous n’avons pas pu peindre à ce moment-là mais l’ambiance suffisait !

Quelle marque avez-vous laissée là-bas ?

Comme nous avions prévu d’être sur place pour le 14 février, jour de la Saint-Valentin, nous avons posé des posters liés à l’amour - essentiellement en banlieue parisienne.

Nous peindrons peut-être la prochaine fois mais il faut déjà être familiarisé avec le pays,  ses lois, ses policiers, avant de tenter l’impossible. En Russie, on peut toujours s’arranger avec les forces de l’ordre. En France, je ne crois pas.

Bref, nous avons collé des posters d’amour ! Pour nous, c’est le seul moyen de nous faire connaître à l’étranger : peindre, poser des posters et montrer ensuite le travail aux clients potentiels. Ils voient que nous sommes déjà venus dans leur pays et c’est un premier pas.

Justement, à notre retour de Paris, nous avons décroché un contrat à Nemours en Ile-de-France, pour une grande fresque murale que nous réaliserons en mai.

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