L’Adèle russe en route pour l’Eurovision

Garipova a conquit les spectateurs grâce à sa grande technique et des interprétations vocales parfaitement choisies. Crédit photo : RIA Novosti / Ruislan Roshcupkhin

Garipova a conquit les spectateurs grâce à sa grande technique et des interprétations vocales parfaitement choisies. Crédit photo : RIA Novosti / Ruislan Roshcupkhin

La gagnante de l’émission russe « Golos » participera à l’Eurovision sans aucun concours. La rigueur, devenue l’une des caractéristiques du style artistique de la chanteuse, ne peur jouer qu’en sa faveur.

Habituellement, le participant de l’Eurovision est choisi à l’automne, mais cette fois-ci, la chaîne russe « Pervyi Kanal » a décidé d’accélérer le processus. Sans sélection, le 19 février, était annoncé le choix de Dina Garipova la gagnante de la première saison de Golos, la version russe de l’émission de télévision britannique « The Voice ».

Certains participants russes de l’Eurovision avaient déjà été choisis sans vote par le passé, mais cette fois le jury avait une base solide : 54% des Russes ont voté pour Garipova le 29 décembre en final de Golos et les discussions quant à la sélection de la chanteuse pour l’Eurovision couraient déjà dans les couloirs à la veille de la nouvelle année.

Lors de la compétition elle reprendra spécialement la chanson « What if » des Suédois Gabriel Alares et Joakim Björnberg avec la participation de l’ancien bassiste du groupe Avtograf, Leonid Goutkin.

Garipova effectue une ascension rapide vers le sommet dans le show-business, peut-être sans équivalence en Russie mais telle qu’en connaissent les finalistes d’American Idol et The Voice. Dina est née en 1991 à Zelenodolsk en République du Tatarstan dans une famille de médecins, mais elle n’a pas suivi les traces de ses parents. Depuis l’âge de 6 ans, Garipova a intensément travaillé son chant.

En 1999, Dina a remporté le concours national de la chanson « Oiseau de feu », puis en 2005 le concours international de Tartu en Estonie, et en 2008 avec le théâtre de la chanson « Microphone d’or », elle a effectué pour la première fois une tournée en France.

Ses rêves d’une carrière de chanteuse n’ont toutefois pas empêché son entrée dans la section journalistique de l’Université d’État de Kazan. En 2010, Garipova donnait son premier concert dans son Zelenodolsk natal, et l’année précédente, elle était nominée pour le prix du président de Russie.

Dina Garipova a ainsi été sélectionnée au premier tour de Golos en étant déjà une chanteuse connue en Russie puis est entrée dans l’équipe d’Alexandre Gradskii. Gradskii est l’un des géants de la pop russe et le plus marginal. Il a commencé comme un musicien de rock et chantait les chansons d’Elvis Presley dans ses premiers groupes ; plus tard il a élargit son répertoire grâce aux classiques d’Alexandra Pakhmoutovaya et Nikolaï Dobronravov.

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À la fin des années 1980, il a chanté la partie de l’Astrologue dans l’opéra de Rimskii-Korsakov, « le Coq d’Or » au Théâtre du Bolchoï. Il a écrit plusieurs opéras rock dont le plus récent vient d’être achevé, "le Maître et Marguerite" adapté du roman de Mikhaïl Boulgakov.

La chanteuse ne peut que profiter de sa collaboration avec le vocaliste russe, il a orienté avec confiance la chanteuse sur la voie d’un succès comparable à celui de la superstar britannique Adèle. Au lieu d’une séduction par l’apparence, Garipova a conquit les spectateurs grâce à sa grande technique et des interprétations vocales parfaitement choisies.

Durant l’une des émissions elle a ainsi effectué l’une des compositions de sa consœur britannique, « Skyfall », l’une des bandes originales les plus réussies des films de la série James Bond.

Comme l’a indiqué la chanteuse dans une interview au journal Moskovskii Komsomolets, des discussions concernant sa sélection pour l’Eurovision ont eu lieu immédiatement après la finale de l’émission Golos, cependant, la nouvelle de cette décision est restée pour elle une véritable surprise. Selon elle, la chanson « What if », qui n’a pas été encore présentée à un large public, est «brillante, tendre, et forte en même temps ».

Le patron d’Universal Music Russia qui a signé le contrat avec la chanteuse, Dmitrii Konnov, évoque à son tour dans une interview à Gazeta.Ru l’Eurovision comme un « concours de farfelus » et ne doit pas être pris trop au sérieux. Selon lui les performances les plus impressionnantes se retrouvent de plus en plus dans le bas du classement des résultats du public.

À son tour, la gravité de ce qui est devenu une caractéristique du style artistique de Dina Garipova peut jouer en sa faveur. Notons que l’histoire récente de l’Eurovision connaît des exemples de ces deux types, il était impossible de prédire la victoire du groupe de métal finlandais Lordi en 2006, comme la percée de la bosniaque Marija Serifovic avec la chanson Molitva un an plus tard.

Quoi qu’il en soit, le mentor de Garipova Alexandre Gradskii est convaincu que la jeune chanteuse délivrera une bonne performance. L’artiste a indiqué à RIA Novosti, qu’il ne pouvait s’engager à ce qu’elle remporte une nouvelle victoire, non parce qu’il doute des possibilités de son élève mais en raison de l’imprévisibilité de la concurrence, ce qui, selon lui, relève plus de la sociologie que de la musique.

Cependant, Gradskii a indiqué être très satisfait de la composition, qui va être chantée par sa protégée et il prévoit de l’aider dans la préparation du concours. Dina a elle-même indiqué être encouragée par son mentor.

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