Vers La Mecque de l’entrepreneuriat : Ruyan

Après une nuit exténuante à conduire à travers la tempête qui refuse de se calmer, nous entrons dans Ruyan, dans la région de Tomsk. Crédit photo : Artem Zagorodnov

Après une nuit exténuante à conduire à travers la tempête qui refuse de se calmer, nous entrons dans Ruyan, dans la région de Tomsk. Crédit photo : Artem Zagorodnov

C’était le matin lorsque nous sommes entrés dans la ville émeraude du fondateur de l’Expedition, Alexandre Kravtsov. Après une nuit exténuante à conduire à travers la tempête qui refuse de se calmer, nous entrons dans Ruyan.

« En avez-vous assez d’aller au bureau tous les jours ? Est-ce que vingt jours de congé par an, c’est trop peu pour vous ? Voulez-vous gagner de l’argent propre et vivre comme bon vous semble ? ». Alexandre Kravtsov, fondateur de l’Expedition, posait ces questions brûlantes sur son site. Le créateur de la marque « Expedition » devient connu comme le sherpa russe des entrepreneurs. Et je vais bientôt le rencontrer.

Si la création de Skolkovo, la future Silicon Valley en dehors de Moscou, est la réponse du premier ministre (et ensuite président) Dmitri Medvedev à la dépendance de la Russie au pétrole et à un climat des affaires détérioré, Kravtsov, lui, a créé Ruyan, une communauté d’entrepreneurs et de jeunes enthousiastes unis par les mêmes convictions, vivant en harmonie avec la nature et adhérant à un règlement au beau milieu de la Sibérie.

C’était le matin lorsque nous sommes entrés dans la ville émeraude du fondateur de l’Expedition, Alexandre Kravtsov. Après une nuit exténuante à conduire à travers la tempête qui refuse de se calmer, nous entrons dans Ruyan, dans la région de Tomsk, à 10h, alors que nous avions dépassé de grandes métropoles sibériennes telles que Novossibirsk et Omsk.

La météo s’était éclaircie et nous avons été accueillis par une fraîche, mais clairement calme et glaciale journée ensoleillée d’hiver sibérien ; des bouleaux nous entouraient de tous côtés.

Ruyan a été fondée en 2010 sur une falaise surplombant la grande rivière sibérienne, l’Ob, et offrant une vue incroyable sur la vallée en contrebas dont la forêt s’étend à perte de vue.

Aujourd’hui, la communauté se compose d’un pavillon de bois à deux étages (qui abrite une cantine, une cuisine, un auditoire, des chambres et un espace de stockage), plusieurs banias, des dépendances et des yourtes qui servent de dortoirs, un trampoline, une balançoire et un monument dédié à Iouri Gagarine au centre (le même dévoilé à Houston, au Texas, l’année dernière).

Un grand panneau bleu « Les entrepreneurs du Monde s’unissent » situé à l’entrée accueille les résidents et les visiteurs.

Kravtsov a conçu cette ville qui incarne ses valeurs. Son idée était de créer un lieu où des individus du même avis pourraient échanger leurs connaissances, leur expérience dans les affaires et, le plus important de tout, des fonds pour créer des entreprises couronnées de succès comme l’Expedition elle-même.

Il l’a volontairement fondée près de la nature et loin de la bureaucratie et la corruption. Kravtsov la voit devenir une destination de renommée internationale pour les entrepreneurs (d’autant plus que le gouvernement russe veut faire de Moscou un centre international des finances).

Il est demandé aux résidents de ne pas engager de relations amoureuses entre eux, de ne pas consommer d’alcool fort et de ne pas jurer en présence de femmes. Cela fait entièrement partie du code d’éthique et de lois disponibles sur le site internet de la ville et défendus par Kravtsov dans son livre La Vie est une expédition.

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« Les entrepreneurs du Monde s’unissent ». Crédit photo : Artem Zagorodnov

À notre arrivée, les résidents étaient plus qu’enthousiastes pour nous servir de la nourriture dans la cantine et nous aider à nous repérer. On m’a dit de me dépêcher pour profiter de l’un des banias avant qu’il ne soit rempli, mais trop tard, j’ai vais devoir rester sans douche avant qu’une nouvelle occasion se présente.

Les plats chauds étaient plus qu’une récompense. En plus, des sandwichs et de la viande rôtie, nous avons eu droit à de la soupe de poulet aux nouilles et au chourpa (une sorte de goulash local).

Cela nous a donné du temps pour échanger nos histoires avec nos collègues journalistes. Tiolia, mon nouveau pote du service d’actualité en ligne Gazeta.ru (donc j’ai pu rencontrer le président sur le vol jusqu’à Mourmansk), était plus qu’heureux d’avoir choisi le parcours plus rapide ici.

Il a pu profiter d’un hôtel de standing européen à Ekaterinbourg et a eu l’opportunité d’explorer la ville avec un vieil ami. Mes histoires au Kazakhstan ont cependant battu toutes celles des autres journalistes.

J’ai découvert que j’allais voyager avec un nouveau groupe, Cosmos (qui signifie « l’espace » en russe), les gagnants des deux premières étapes de notre compétition (ils ont réussi à trouver deux des cinq fusées dans la steppe kazakhe et sont donc maintenant les grands favoris de la compétition).

Après le « parcours spécial » (souvenez-vous du dernier boycotté par toutes les équipes sauf les prêtres) ou sprint à travers la neige, nous nous sommes élancés à toute allure vers le lac Baïkal. J’ai passé l’épreuve à essayer de me tenir au chaud par une température en dessous de zéro, le vent et l’obscurité.

Je me suis soudain rendu compte pourquoi ces gars étaient en tête. Ils ne perdaient pas de temps dans des formalités et étaient les premiers sur la route après le sprint. De plus, leur navigation était prête bien à l’avance et ils conduisaient et dormaient selon un horaire strict.

La seule chose que j’ai découverte sur eux est qu’au moins l’un d’eux travaille dans la section défense d’une société d’ingénierie ce qui, je pense, explique cette approche quelque peu militaire.

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