Une artiste au croisement de deux cultures

Début mars, l’orchestre de chambre moscovite Musica Viva sous la direction d’Alexandre Roudine inaugurait sa collaboration avec la Chapelle musicale Reine Élisabeth. Le concert mettait en avant une violoniste-soliste française d’origine russe au talent plus que prometteur, Maria Milstein.

Maria Milstein Source : service de presse

Issue d’une célèbre famille de pianistes, la jeune violoniste semblait avoir son avenir tout tracé, cependant, toute jeune déjà, elle a décidé qu’il en serait autrement. « Le piano c’était pour moi quelque chose d'habituel, j’en entendais du matin au soir, explique-t-elle. Mais ma mère, altiste, donnait des cours particuliers de violon. Et quand j’ai entendu les sons si particuliers de cet instrument, je me suis dit que ça, c’était intéressant. » Maria sera donc violoniste et c’est dès l’âge de quatre ans qu’elle apprend à découvrir ce nouvel instrument.

En 1991, ses parents décident de quitter la Russie pour la France. Juste avant la chute de l’Union soviétique, la situation dans le pays était assez instable. La perestroïka pourtant lancée, on ignorait si elle allait se poursuivre ou si toutes les frontières allaient soudainement se fermer. « Il est extrêmement difficile de survivre pour un musicien quand un pays est en crise, raconte Maria. Mes parents se sont dit que s’ils ne partaient pas maintenant, peut-être qu’ils ne partiraient jamais. Ils devaient quitter leur pays afin de pouvoir vivre de leur travail. En URSS, il leur arrivait d’être payés en nourriture pour certains concerts parce qu’il n’y avait rien du tout », ajoute-t-elle. Sa mère a obtenu un poste dans l’orchestre de l’opéra de Lyon et son père enseigne actuellement le piano à Genève.

Maria Milstein a reçu une éducation à la fois russe et française. La musicienne conserve toujours des liens forts avec la Russie et s’y sent chez elle ; une partie de sa famille y vit encore. Depuis son départ pour la France, elle est revenue à plusieurs reprises dans son pays d’origine. « Mes parents ont vraiment dû faire un effort pour que je garde la langue russe parce que moi, enfant, je ne comprenais pas à quoi cela me servirait. Mais ils ont tenu bon », raconte-t-elle.

A dix-huit ans, elle décide de partir aux Pays-Bas pour étudier auprès d’un professeur avec qui le courant passait bien. Elle revient à Lyon, la ville où elle a grandi, et avec le trio Van Baerle, elle y remporte en 2011 le premier prix du Concours international de musique de chambre de Lyon. Aujourd’hui, elle fait des concerts entre la France et les Pays-Bas et étudie en Belgique à la Chapelle musicale Reine Élisabeth.

La Chapelle musicale Reine Élisabeth est un endroit à part. Seuls les meilleurs y sont admis. « Augustin Dumay [professeur de violon à la Chapelle] est un homme exceptionnel, chacune de ses leçons est une source d’inspiration incroyable. Quand j’ai joué pour la première fois là-bas, je ne me rendais pas compte à quel point le son serait génial », ajoute Maria. Bernard de Launois, directeur de la Chapelle, crée un véritable tremplin pour permettre aux étudiants de jouer le plus de concerts possible que ce soit dans de petites églises, dans des soirées privées ou des festivals offrant ainsi aux musiciens une formation pluridisciplinaire.

La violoniste poursuit une carrière aussi bien en tant que soliste qu’interprète au sein d’un ensemble ce qui requiert des qualités bien particulières. « Le soliste doit être animé d’une volonté capable de faire suivre tout un ensemble. Dans un trio, trois musiciens essaient de trouver une seule volonté », explique Maria. Un soliste doit faire preuve d’une personnalité très forte et d’un certain charisme pour pouvoir porter un message clair pour tout un orchestre. Dans un trio, il faut former un tout et pour ce faire, chaque musicien doit connaître sur le bout des doigts les notes de son voisin. Dans les deux cas, des qualités solistiques sont requises. « D’une manière ou d’une autre, les deux mondes finissent toujours par se rencontrer et c’est là que ça devient enrichissant », conclut Maria Milstein.

 


 

Pour retrouver Maria Milstein, suivez-la dans ses prochains concerts :

  • Festival de Radio France de Montpellier avec le Trio Van Baerle le 20 juillet 2013
  • Récital avec le pianiste Hannes Minnaar à l’auditorium du Louvre le 7 novembre 2013
  •  Tournée avec le Trio Van Baerle sélectionné par le Concertgebouw d’Amsterdam et les BOZAR de Bruxelles dans le cadre des Rising Stars de l’ECHO pour la saison 2013-2014
  • le 6 janvier 2014, à la Cité de la musique à Paris
  • le 19 janvier 2014, à Bruxelles

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