À Volgograd, musiciens russes et allemands jouent ensemble

Le festival « Musique du monde contre la guerre » est une performance conjointe des orchestres symphoniques Volgograd et Osnabrück. Crédit photo : Victor Iakouchev

Le festival « Musique du monde contre la guerre » est une performance conjointe des orchestres symphoniques Volgograd et Osnabrück. Crédit photo : Victor Iakouchev

L’orchestre symphonique de la ville d’Osnabrück s'est produit à Volgograd pendant les célébrations des 70 ans de la bataille de Stalingrad. De concert avec l’orchestre symphonique de Volgograd, les musiciens ont joué la neuvième symphonie de Beethoven, et la musique de Brahms, Schubert et Haydn était spécialement interprétée par la compositrice Elena Firsova.

La performance de l’orchestre symphonique de la ville d’Osnabrück (Allemagne) a eu lieu lors du 70e anniversaire de la fin de la bataille de Stalingrad à Volgograd au festival international « Musique du monde contre la guerre ». Le festival est un projet unique, organisé dans le cadre de l’année de l’Allemagne en Russie avec le soutien du ministère de la culture de l’oblast de Volgograd, du centre culturel allemand et de l’institut Goethe.

La « musique du monde », symphonique et chorale, était jouée non seulement dans les lieux de concerts habituels, mais aussi dans la salle du triomphe du musée panorama sur la bataille de Stalingrad, et dans le musée de l’ancienne église luthérienne de la Vieille Sarepta (l’ancienne colonie allemande sur le territoire de la basse Volga).

« Le festival n’est pas seulement culturel mais aussi politique. Deux grands pays, deux belles équipes créatives, des solistes de renommée mondiale : ça vaut le coup, indique le directeur de l’Orchestre philarmonique de l’oblast de Volgograd, Viktor Kiyachko. Le festival était un projet grandiose, quand sur la scène de la salle de concert centrale de Volgograd ont joué deux orchestres symphoniques en même temps ».

La ville d’Osnabrück et celle de Volgograd ne sont pas sœurs, mais leur destin est similaire de bien des façons : les deux ont été détruites jusqu’à leurs fondations pendant la guerre, toutes deux ont été reconstruites totalement depuis leurs cendres et toutes deux sont considérées comme des « villes de paix ».

« C’est un grand symbole que les hôtes du festival soient des musiciens de l’orchestre symphonique de la ville allemande d’Osnabrück, des dizaines de milliers d’habitants pacifiques qui ont subi les bombardements pendant la Seconde guerre mondiale », a indiqué le gouverneur de l’oblast de Volgograd dans son discours de bienvenue, Sergueï Bojenov. « Un tel dialogue est très important pour la conservation de la mémoire historique de la guerre et des leçons à en tirer ».

L’homme qui a eu l’idée de produire des musiciens allemands à Volgograd est le directeur de l’orchestre symphonique d’Osnabrück, Christian Heinecke, qui a indiqué que l’histoire de sa famille est étroitement liée à la Seconde Guerre mondiale et à la période du national-socialisme en Allemagne. Et lorsqu’il était encore élève à l’école, il a décidé qu’il devait visiter trois endroits sur terre : Auschwitz, Hiroshima et Volgograd.

« En tant que musicien, j’ai visité Auschwitz et Hiroshima, raconte Heinecke, mais durant toute ma vie professionnelle je ne suis jamais allé à Volgograd. J’ai donc décidé d’entreprendre quelque chose pour changer cela ».

Christian Heinecke a trouvé sur internet le site de l’orchestre symphonique de Volgograd et a envoyé un courriel dans lequel il a exposé son idée : il y demandait s’il était possible et souhaitable que l’orchestre allemand se produise durant le 70e anniversaire de la bataille de Stalingrad. Christian Heinecke ne savait pas à qui il écrivait car le site était en russe. Après un certain temps, la réponse du chef d’orchestre en chef de l’orchestre symphonique de Volgograd, Edouard Serov, est arrivée : « Bienvenue ! ».

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Le festival « Musique du monde contre la guerre » est une performance conjointe des orchestres symphoniques Volgograd et Osnabrück, qui mettra en vedette les chœurs de Volgograd et Osnabrück, le chœur d’État de la République de Kalmoukie.

« Il s’agit d’une tâche très difficile pour unir deux grands orchestres, indique le président de l’orchestre d’Osnabrück, Christian Heinecke. Nos équipes ne peuvent pas être évaluées selon des critères de « meilleure » ou « pire », elles sont juste différentes ». Et la tâche des chefs d’orchestre est d’amener les deux orchestres sur un seul niveau.

Dans l’ensemble, plus de 300 musiciens sont montés sur scène. La célèbre altiste Tabea Zimmerman, pour laquelle il a écrit plusieurs de ses œuvres de compositions contemporaines, se produira comme soliste.

Spécialement pour le concert final du festival, le compositeur Elena Firsova a créé Ojidanie (Attente), dédié aux victimes de la bataille de Stalingrad et de la Seconde Guerre mondiale. À Volgograd a eu lieu la première mondiale de cette œuvre symphonique, que l’auteur a elle-même appelé « un petit requiem ».

« Nous attendions avec une grande impatience le concert final du festival, car une œuvre d’Elena Firsova est la meilleure œuvre musicale pour reproduire l’ambiance et l’atmosphère dans la ville pendant la bataille de Stalingrad », indique le chef d’orchestre principal de l’orchestre d’Osnabrück, Andreas Hotz.

En outre, nous avons effectué la Neuvième Symphonie de Beethoven, qui reflète la volonté de peuples qui étaient devenus des ennemis, de devenir des peuples frères. En général, le programme était composé de nos interprétations d’œuvres de compositeurs allemands, Haydn, Schubert, Beethoven, Brahms.

En plus de la musique, un autre événement a également eu lieu dont l’initiateur était également Christian Heinecke. Les membres de l’organisation l’« Union populaire d’Allemagne pour l’entretien des sépultures de guerre » ont été en mesure d’établir les noms des habitants de Stalingrad qui ont été déportés en Allemagne et ont travaillé dans la région d’Osnabrück.

Les invités allemands ont choisi 70 personnes qui sont mortes en Allemagne : leurs noms étaient déclamés au début du concert. Dans leur patrie, ces personnes étaient portées disparues. On était en mesure d’établir leur parenté et de clarifier leur sort pour leurs proches.

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