Le « scaphandre du futur » sera mis en orbite en 2015

Le nouveau costume spatial éveille la curiosité du public.

Le nouveau costume spatial éveille la curiosité du public.

Daria Kezina
Les créateurs du nouveau scaphandre Orlan-MKS, équipé d’un système automatique de thermorégulation unique, prévoient de finir les essais et d’envoyer leur création dans l’espace avant la fin de l’année.

Le scaphandre « Orlan-MKS » a été la star de l’exposition industrielle universelle Innoprom qui s’est tenue du 8 au 11 juin à Ekaterinbourg. Des compagnies venues de 70 pays du monde ont participé à l’évènement, mais c’est avec cette nouveauté russe qu’un nombre record de personnes a voulu se photographier ou prendre un selfie. Les organisateurs n’ont pas réussi à tenir un compte précis, mais supposent qu’il se chiffre en milliers.

Le scaphandre a été créé sur commande de la société « Energia », le principal fournisseur d’équipement et d’éléments pour la section russe de la Station spatiale internationale. Les tests du nouveau système, qui doivent se conclure avant la fin de l’année, incluent cinquante paramètres. En cas d’anomalie ou de besoin, toutes les données sont affichées sur un nouvel écran à cristaux liquides modernisé.

Contrôler la température du corps

Le créateur du nouveau costume spatial, la holding russe Technodinamika (corporation d’État Rostech), a apporté le scaphandre sur le lieu de l’exposition directement depuis son centre d’essais situé dans la base du constructeur, l’entreprise scientifico-industrielle Zvezda.

Au cours de la présentation de sa nouveauté cosmique, le directeur général de la holding Maxime Kouziouk a affirmé qu’il s’agissait à l’heure actuelle « du scaphandre le plus abouti du monde ».

Le nouveau costume spatial russe possède trois spécificités qui le distinguent de ses analogues étrangers.

Tout d’abord, c’est le premier système automatisé de thermorégulation du monde, qui permet durant une sortie extravéhiculaire au cosmonaute de ne pas être distrait par la surveillance et la régulation de son état physiologique : c’est maintenant un ordinateur qui s’en chargera pour lui. Le système contrôlera la température du corps humain et lui assurera des conditions optimales.

« Il est très difficile de relever correctement les signes vitaux du cosmonaute et de les intégrer au fonctionnement d’un système de refroidissement ou de chauffage. Personne d’autre au monde n’est pour l’instant parvenu à mettre au point des algorithmes permettant de placer correctement les capteurs », a raconté à RBTH un représentant du constructeur.

Si l’ordinateur venait à tomber soudainement en panne, il est prévu de le doubler d’un contrôle manuel, ce qui améliore sa fiabilité.

Les cosmonautes pourront s’habiller en 5 minutes

La seconde spécificité est l’utilisation de couches hermétiques de polyuréthane (plus léger et résistant à l’usure) à la place de la résine. Cela permet d’augmenter la durée de vie du scaphandre de quinze à vingt sorties dans l’espace, et de prolonger son exploitation de 4 à 5 ans.

Grâce à sa construction originale, il sera possible d’enfiler le scaphandre russe en à peine 5 à 7 minutes, sans avoir besoin d’aide extérieure. Jusqu’à présent, pour se glisser dans un des scaphandres existants, il fallait l’aide d’un collègue et environ une heure de temps. De même, les scaphandres ne conservaient autrefois leur pression que trente minutes en cas d’accident, mais l’Orlan-MKS pourra le faire pendant 50 minutes.

Selon le représentant du concepteur, seuls les cosmonautes russes utilisent pour l’instant ces scaphandres sur la Station spatiale internationale. « Les technologies spatiales sont proches des technologies militaires, et cela les rend parfois secrètes, par conséquent une coopération internationale dans ce domaine est une question assez délicate », remarque l’employé de Technodinamika.

Si les tests sont couronnés de succès, a confié la compagnie à RBTH, un projet de nouveau scaphandre lunaire pourrait être élaboré sur la base de ce costume spatial.

 

 

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.