Les nouveautés de l’industrie navale russe s’exposent à Saint-Pétersbourg

Rouslan Chamoukov / TASS
Début juillet 2015, la ville de Saint-Pétersbourg a accueilli la nouvelle édition du Salon naval international, souvent appelé « l’Euronaval russe » par les étrangers. Pour différentes raisons politiques et économiques, les entreprises étrangères, concepteurs et fabricants d’armes et équipements navals, n’étaient, cette fois, pas très nombreux à avoir répondu présent. En revanche, les entreprises russes étaient représentées au salon dans toute leur splendeur. RBTH présente les temps forts du Salon.

Vernissage naval

Parmi les modèles et maquettes présentés sur le stand de l'United Shipbuilding Corporation et d’autres entreprises russes de construction navale, la vedette est revenue à un prototype de navire militaire de surface, à la frégate polyvalente du projet 22356, à la version modernisée de la corvette du projet 20382, à la plateforme universelle navale à grande vitesse de base KVK-1200, dont le fond est équipé d’une caverne d’air, et au sous-marin côtier petit format Piranha-T.

Dans la section extérieure du salon, la marine russe et d’autres organismes ont présenté plusieurs dizaines de navires et vedettes de diverses affectations. Parmi eux, on notera particulièrement le dernier sous-marin diesel-électrique du projet 636.3 Stary Oskol ; la corvette du projet 20380 Stoiky ; toute une gamme de vedettes du projet 12150 Mangoust ; la vedette de patrouille du projet 03160 Raptor, équipée d’un module unique contrôlé à distance avec un lance-grenades automatique ; la corvette de lutte anti-diversion Grachonok et bien d’autres, ainsi que le dragueur de mines type nouvelle génération Alexandre Oboukhov (projet 12700), qui se distingue par sa coque réalisée entièrement en fibre de verre et par la présence de différentes dragues et d’appareils sous-marins inhabités, téléguidés ou autonomes.

Chtorm, la « tempête » russe

Le prototype de porte-avions russe appelé projet 23000E Chtorm (« Tempête ») a été au cœur de toutes les discussions. La commande publique ne prévoit la mise en chantier de ce navire qu’en 2018, mais il suscite déjà un vif intérêt.

D’après le modèle de Chtrom, le porte-avions russe affichera un tirant d’eau de 100 000 tonnes environ et sera équipé de deux tremplins (à l’avant et sur le pont d’envol latéral) et de deux mécanismes de lancement destinés aux avions de différents types, dont la version navale du chasseur de 5e génération et les avions de reconnaissance radar. L’atterrissage des avions se fera grâce à un dispositif d’arrêt.

Chtorm pourra emporter jusqu’à 90 avions et hélicoptères de différents types. La gestion des vols se fera depuis les tours de contrôle, le navire en aura deux.

Le porte-avions sera doté d’un réacteur à propulsion nucléaire, son grand potentiel énergétique permettra d’utiliser des mécanismes de lancement électromagnétiques à bord du navire, selon les spécialistes russes. Le porte-avions devrait être équipé d’un réacteur nucléaire qui sera préalablement rodé sur le prototype de contre-torpilleur russe du type Leader.

Par ailleurs, les concepteurs étudient également la possibilité d’utiliser sur le porte-avions un réacteur combiné principal, composé d’un bloc nucléaire et d’un générateur d'énergie à turbine à gaz. Dans ce cas, le navire pourrait réaliser un « démarrage rapide » : le générateur d'énergie à turbine à gaz assurera un départ éclair alors que le réacteur nucléaire tournera à plein en mer, permettant au porte-avions d’atteindre une grande vitesse.

« Cuirasse » de feu pour les navires

L’annonce de la production en série de la version navale du célèbre système antiaérien Pantsir-S1 a également fait sensation. Le lancement a été annoncé par Alexandre Joukov, concepteur en chef des systèmes anti-aériens navals chez KBP Instrument Design Bureau. « Le système a été mis en production », a-t-il souligné dans un entretien avec l’agence TASS.

Le système a été baptisé Pantsir-M, il pourra être équipé de missiles utilisés par sa version terrestre, ainsi que du prototype de missile guidé Hermes-K, qui peut atteindre la cible grâce aux données transmises par un drone.

En outre, le système est capable d’effectuer des tirs d’artillerie pour abattre les moyens d’attaque aérienne ennemis qui seraient parvenus à rompre la défense. Chaque module est équipé de 32 missiles, les navires de tirant d’eau moyen et supérieur peuvent comporter plusieurs modules.

Au salon, la modification du système Pantsir-ME, destinée à l’export, a suscité un grand intérêt chez les partenaires traditionnels de la Russie dans le domaine de la coopération technique et militaire (la version navale de Pantsir pouvant remplacer les systèmes similaires installés sur les navires construits en Russie pour les flottes étrangères), ainsi que chez les clients potentiels.

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