Cancer, vieillissement… Les étonnantes vertus thérapeutiques du sapin de Sibérie

Les chercheurs russes ont découvert que les conifères possèdent des propriétés anticancéreuses et peuvent ralentir le vieillissement.
Siberian fir
Un des composés organiques qu’ils contiennent s’avère d’une redoutable efficacité. Crédit : Legion Media

Saviez-vous que les conifères peuvent lutter contre certaines maladies plus efficacement qu’aucune autre plante ? De plus, ils constituent un rempart efficace contre les effets nocifs de l’environnement. Leur secret réside dans les terpénoïdes, des composés organiques oxygénés.

Les conifères sont riches en terpénoïdes. Ces composés sont une sorte de « trousse à pharmacie » pour les arbres, qui y puisent leurs « médicaments », notamment contre les parasites. Par ailleurs, les terpénoïdes équilibrent la température des arbres par grands froids ou chaleurs intenses.

Ces composés mystérieux ont attiré l’attention des chercheurs russes de l’Institut Engelhardt de biologie moléculaire et de l’Institut de physique et de technologie de Moscou. Ils ont décidé de se pencher sur l’effet exercé par les terpénoïdes sur les cellules cancéreuses et vieillissantes.

Sapin de jeunesse

Les terpénoïdes issus des sapins de Sibérie sont utilisés dans des médicaments antiinflammatoires, cicatrisants et antibactériens. Anna Koudriavtseva, directrice du laboratoire de recherches génomiques de l’Institut de biologie moléculaire, indique que de nouvelles propriétés ont été découvertes au cours des recherches.

« Nous avons découvert des propriétés geroprotectrices (ralentissent le vieillissement) et anti-tumorales, explique Koudriavtseva. Cependant, on ne peut pas dire que les terpénoïdes peuvent à eux seuls être utilisés pour le traitement des cancers. Ils pourront, à l’avenir, être utilisés dans le cadre d’une thérapie combinée ».

Pour étudier l’effet des terpénoïdes sur l’organisme vieillissant, les chercheurs ont transplanté les cellules dans un nouvel environnement en utilisant le tissu conjonctif de l’organisme. Deux à trois jours après la transplantation, quand les cellules se sont connectées pour former une couche continue et dense, une partie d’entre elles a été transplantée dans un nouveau milieu de reproduction.

Le processus visait à protéger les cellules des toxines secrétées au cours de la vie, qui appauvrissent l’ancien milieu de reproduction.

La réponse des cellules au stress

L’utilisation des terpénoïdes en tant que milieu de reproduction a montré que le niveau d’expression des gènes neutralisant le développement des tumeurs et favorisant la hausse de l’espérance de vie a augmenté. Ainsi, le niveau du gène GADD45B a doublé et celui du gène GADD45A a crû de 150%.  

« On ne peut pas encore parler de percée scientifique : les gènes réagissent différemment aux différentes substances, explique Piotr Tchoumakov, directeur de recherche à l’Institut Engelhardt de biologie moléculaire. Bien sûr, leur niveau peut croître, mais on ne doit pas s’attendre à des processus révolutionnaires à l’échelle de l’organisme. Surtout s’il s’agit de tissus conjonctifs ».

Outre l’effet des terpénoïdes sur les cellules cancéreuses et le vieillissement, les chercheurs ont découvert qu’ils dynamisent le système de réponse des cellules au stress. D’autres processus ont été modélisés sur les lignées cellulaires et les animaux de laboratoire : les résultats de ces recherches seront à l’avenir utilisés dans le traitement des maladies graves. Le travail des chercheurs russes a été publié par l’influente revue internationale Oncotarget.

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