Saint-Pétersbourg: les terroristes étaient suivis par le renseignement russe

4 avril 2017 Igor Rozine
Les services spéciaux russes savaient que les extrémistes comptaient perpétrer une attaque terroriste en Russie. Ils suivaient les organisateurs de l’attaque, mais n’ont réussi à la prévenir que partiellement : un des engins explosifs n’a pas été actionné, écrit le journal Kommersant se référant à une source «digne de confiance».
terrorist bombing attack
Crédit : Victoria Viatris/RIA Novosti

Un citoyen de Russie ayant collaboré avec l’organisation terroriste Daech et arrêté à son retour sur le sol russe avait prévenu les services spéciaux russes du projet d’attentat contre le métro de Saint-Pétersbourg. L’informateur des services spéciaux occupait une position sans responsabilité dans la hiérarchie des combattants djihadistes, mais connaissait certains membres du groupe envoyé sur le sol russe et maintenait des contacts téléphoniques avec ces derniers, écrit le journal Kommersant se référant à une source informée.

Après avoir établi les numéros de téléphone des terroristes présumés, les agents ont constaté que toutes les cartes SIM avaient été achetées sur le marché noir et n’étaient pas enregistrées aux noms de leurs vrais détenteurs. Ils ont alors dû se contenter de les mettre sur écoute pour pouvoir établir leur identité au, au moins, collecter plus de détails sur leurs intentions.

Or, les terroristes se servaient rarement de leurs téléphones portables et privilégiaient lors de leurs contacts des phrases courtes. Ce « jeu téléphonique » a été interrompu dès que l’explosion a frappé le métro : les numéros de téléphone des suspects ont été immédiatement bloqués pour prévenir de nouveaux attentats. Selon la version avancée par l’interlocuteur du journal, une fois privé de communication, le deuxième kamikaze a paniqué et a laissé le sac contenant l’engin explosif sous un banc.

Comme le souligne Kommersant, ces versions sont préliminaires et, pour le moment, non confirmées.

L’identité du kamikaze établie

Dans les heures qui ont suivi l’attaque, on privilégiait la version selon laquelle la bombe, dont l’explosion a fait 14 morts et 49 blessés, avait été laissée dans un sac à l’intérieur d’une rame de métro par un terroriste ayant pris la fuite. Toutefois, se référant à une source policière, l’agence Interfax a avancé  lundi soir une version différente : l’attaque aurait été commise par un terroriste-kamikaze originaire d’Asie centrale.

Mardi, le Comité d’enquête de Russie a fait savoir que l’identité du kamikaze présumé avait été établie, confirmant ainsi cette version.

Selon les informations mises à disposition de l’agence TASS, l’auteur de l’attentat serait un citoyen russe originaire du Kirghizstan. Le Comité d'État de la sécurité nationale de ce pays centrasiatique a même dévoilé le nom du suspect : il s’agirait d’Akbardjon Djalilov, né en 1995.

Lundi, un attentat terroriste a frappé le métro de Saint-Pétersbourg. Un engin explosif a été actionné dans une rame reliant les stations Sennaya Plochtchad et Institut technologique. La puissance de l’explosion est estimée à 200–300 grammes d’équivalent de TNT. En outre, une bombe artisanale a été trouvée et désamorcée à la station Plochtchad Vosstania.

Selon un bilan révisé, l'attaque a fait 14 morts et 49 blessés. Le Comité d'enquête de Russie a qualifié l'explosion d'attaque terroriste.

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